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La suite de Midnight sun

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midnightsunsuite

Description :

Vous êtes fan d' Edward Cullen, vous avez aimez midnight sun et vous êtes déçu de vous arrêtez au chapitre 12?? et bien voici la suite des chapitres, et on commence tout de suite par le 13, qui est trés attendu! je précise juste que je les ai écrit moi même en m'inspirant des 12 chapitres déjà écrit par Stephenie Meyer, et du livre Fascination auquel j'ai repris les dialogues pour coller au mieux à l'histoire.

Bonne lecture et n'oubliez pas de mettre des com's pour me dire ce que vous en pensez !!

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Chapitre 15 : La raison et la chair

----- J'étais sur le pas de sa porte, je l'entendais se brosser les dents à l'étage. J'attendis qu'elle ait fini pour frapper un petit coup discret mais assez fort pour qu'elle l'entende. Dès qu'elle l'eu entendu, son c½ur s'emballa. Je commençais à m'habituer aux ratés de son c½ur en ma présence, mais cela m'inquiétait tout de même.

Elle vint m'ouvrir en dévalant l'escalier, et se débattit avec le verrou. Son empressement trahissait sa nervosité. Je l'étais également mais pour d'autres raisons. Elle m'accueillit avec un grand sourire, insouciante du danger que je représente. C'est comme si les trois petits cochons avaient laissés le loup entrer dans leur maison de brique. Incompréhensible.

En la détaillant de plus près, je m'aperçu que nous étions habillés à l'identique, une chemise, un gilet marron clair et un jean. Ce détail me surpris et me fis rire. Il était amusant de voir que nous avions choisit la même tenu pour une journée qui était important autant pour moi que pour elle.

----- - Bonjour ! Lançais-je joyeusement.
----- - Qu'est qui cloche ? demanda-t-elle, n'ayant rien remarqué. Elle s'examina sous toutes les coutures, cherchant le détail qui m'avait amusé.
----- - Nous sommes habillés pareil ! M'esclaffais-je.

Elle m'examina alors en constatant que j'avais raison. Son rire vient alors se joindre au mien. Elle ferma ensuite la porte, et je m'approchais de la camionnette du côté passager. Je n'avais pas oublié notre accord, cela me déprimais. D'ailleurs, cet accord était mon idée ; ce jour là, elle était en colère contre moi parce que je n'avais pas pu m'empêcher de l'espionner. Je ne supportais pas l'idée qu'elle soit fâchée après moi, je voulais qu'elle me pardonne, mais je ne pouvais lui promettre de ne plus recommencer sans lui mentir, et c'était le seul compromis qui paraissait acceptable à ses yeux.

----- - On a passé un accord, me rappela-t-elle inutilement, tout en s'installant triomphalement derrière le volant. Où va-t-on ? S'enquis-t-elle ensuite en ouvrant ma portière de l'intérieure.
----- - Mets ta ceinture, j'ai déjà la frousse. Pourtant je n'étais pas d'un naturel froussard, mais avec elle au volant, il fallait s'attendre à toutes les catastrophes possibles. Non pas que j'étais macho, je n'adhérais pas à l'idée que ce faisait les hommes des femmes au volant, mais avec Bella, s'était différent. Mettez un aimant à danger dans une voiture et voyez le résultat ! J'en frissonnais !

Aussi surprenant que cela pouvait paraitre, elle m'obéit, non sans me gratifier d'un regard mauvais. Je notais qu'elle prenait vite la mouche, d'autant plus lorsque la réflexion venait de moi. Je profitais alors de sa soudaine docilité.

----- - Prends la 101 en direction du nord, lui ordonnais-je.

Elle prit la direction que je lui avais indiquée en roulant très prudemment. Je la couvais du regard tout le temps qu'elle traversa la ville. Je profitais qu'elle était concentrée sur la route pour l'observée. Je remarquais alors qu'elle était nerveuse. En effet elle avait battu le record de lenteur. Apparemment, elle n'avait pas assimilé le fait que rouler trop lentement est aussi dangereux que rouler trop vite.

J'attendis alors patiemment qu'elle daigne accélérée, mais au bout d'un moment cela commençait vraiment à me taper sur les nerfs. Or, je voulais tout faire pour éviter d'avoir des sauts d'humeur. La vision d'Alice ne pouvait pas se réaliser pour quelque chose d'aussi stupide !

----- - Tu as l'intention de quitter Forks avant la nuit ? L'apostrophais-je.
----- - Cette bagnole est assez vieille pour avoir appartenu à ton grand père. Un peu de respect !

Mon grand-père ?? Elle exagérait beaucoup là ! Sa camionnette était antique certes, mais pas à ce point tout de même. Mon véritable grand-père était né en 1850 !

Nous arrivâmes enfin à la lisière de la forêt. Je vis ses yeux chercher une route pour continuer, je lui indiquais alors le chemin.

----- - Tourne à droite sur la 110.

Elle resta silencieuse, ce qui n'était pas dans ses habitudes. Elle semblait un peu déboussolée par l'endroit, et elle redoubla de concentration. Elle ne croisa pas mon regard une seule fois de tout le trajet. Ce qui était sans doute mieux, vu l'effet que cela lui faisait à chaque fois !

----- - Maintenant on continue jusqu'à ce que la chaussée disparaisse.

Je réprimais mon rire, je ne voulais pas la déconcentré pour qu'elle m'en veuille après.

----- - Et qu'y a-t-il après la chaussée ?

Haha ! Finalement elle n'avait pas pu résister plus longtemps, la curiosité l'emportait sur la prudence muette qu'elle s'était imposée depuis qu'elle avait mis le contacte. Ce qui n'était pas pour me déplaire.

----- - Un sentier.
----- - On part en balade ?
----- - Ça te pose un problème ?

Cette question me déchira en deux. D'une part j'étais impatient de lui montrer l'endroit que j'aimais tant et de pouvoir passer du temps seul avec elle là-bas, mais en même temps, je redoutais de voir s'accomplir la vision d'Alice...

----- - Non, dit-elle avec trop d'assurance pour que cela soit sans arrière pensée. Peut-être appréhendait-elle cette journée autant que moi. Ou alors, elle n'aimait pas les balades, dans ce cas j'essayais de la rassurer.
----- - Détends-toi, rien qu'une petite dizaine de kilomètres, et nous ne sommes pas pressés.

Ses yeux s'écarquillèrent, comme sous le choc ? Elle ne répondit pas, une dizaine de borne, ça n'était pas si terrible. Que redoutait-elle ? Cette fois encore le silence de ses pensées me frustra au plus haut point. Vraiment, je ne m'habituerais jamais à ça ! pourquoi ne me faisait-elle pas part de ces pensées ? Elle pouvait me faire confiance. Au bout d'un long moment de silence, je n'y tenais plus.

----- - A quoi penses-tu ? M'impatientais-je.
----- - Je me demandais juste où nous allions, me répondit-elle sans vraiment en être convaincue. Elle était vraiment mauvaise comédienne, ce qui était plutôt à mon avantage. Si je ne pouvais entendre ses pensées, je pouvais au moins interpréter ses réponses.
----- - C'est un endroit où j'aime me rendre quand il fait beau.

Et justement Alice avait prédit une belle journée. D'un même mouvement, nous jetâmes un coup d'½il sur les nuages qui s'effilochaient.

----- - Charlie m'a assuré que la journée serait chaude.
----- - Lui as-tu avoué ce que tu manigançais ? Je croisais les doigts pour qu'elle l'ait fait...
----- - Non.
----- - Jessica croit toujours que nous allons ensemble à Seattle, au moins ? Il fallait qu'au moins une personne sache qu'elle se trouvait avec moi, il devait y avoir un témoin, il fallait qu'il y ait au moins une personne capable d'identifier la dernière personne ayant vu Bella si jamais il lui arrivait quoi que ce soit aujourd'hui. Il était dur pour moi d'imaginer que Jessica, qui avait le don de me taper sur les nerfs avec ses monologues égocentriques, allait être mon garde-fou pour la journée.
----- - Non plus, je lui ai raconté que tu avais annulé, ce qui est vrai d'ailleurs. Dit-elle d'un air satisfait qui m'exaspéra. Tous mes espoirs pour la garder en vie s'envolèrent.
----- - Alors, personne ne sait que tu es avec moi ? Je sentais la colère monter, mais je luttais contre. La vision d'Alice ne se réalisera pas me répétai-je pour m'en convaincre.
----- - Pas forcément... car j'imagine que tu as prévenu Alice ?
----- - Bravo, Bella ! J'ai vraiment l'impression d'être soutenu ! Es-tu si déprimée par Forks que tu veuille te suicider ? M'emportai-je malgré moi. Je ne la comprendrais jamais ! Pourquoi avait-elle dit à Jess qu'on ne passait plus la journée ensemble.
----- - Je croyais que ça risquait de t'attirer des ennuis... qu'on nous voie ensemble. Risqua-t-elle timidement. Elle voyait que j'étais réellement en colère, mais n'en comprenais pas la raison.
----- - Tu t'inquiètes des soucis que je pourrais avoir si toi, tu ne rentrais pas chez toi ? C'est le bouquet !

Elle acquiesça, sans pour autant oser me regarder dans les yeux.

Mais que lui était-il passé par la tête ? Elle savait que j'étais un vampire, elle savait également que son sang avait une odeur particulièrement irrésistible pour moi, et que j'avais tendance à me laisser dominer par mes instincts.

La vision d'Alice me revint en tête, elle était tellement clair que j'avais l'impression qu'il s'agissait d'une nouvelle vision et qu'Alice se trouvait dans les parages. Mais c'était impossible. D'ailleurs, elle n'avait pas évoluée, c'était bien celle que j'avais lu dans l'esprit de ma s½ur quelques heures plus tôt.

Les soucis que je pouvais avoir en étant trop souvent vu en sa compagnie n'étaient rien, rien du tout même, par rapport au fait qu'il lui arrive quelque chose aujourd'hui par ma faute.

Je passais le reste de la route à réfléchir à voix haute sur l'inconscience de Bella, mais trop vite pour qu'elle ne puisse comprendre un traitre mot de ce que je disais. J'essayer de trouver une solution que cette journée ne finisse pas en drame, et en même, je cherchais quel pouvais être cette fameuse décision que je devais prendre.

Nous arrivâmes enfin au bord du sentier. Dieu que sa camionnette pouvait être lente ! Elle se gara sur le bas-côté, et bondis de voiture. Pour la première fois, elle s'emblait effrayée. Ma colère semblait l'effrayer plus que ma nature meurtrière, incompréhensible ! Je sortis à mon tour, après avoir ôté mon gilet, qui m'était complètement inutile. Bella avait fait de même, laissant apparaitre ses ravissantes épaules. A la vue de ses épaules chaudes et rosées, je voulais balader mes doigts dessus, et pourquoi pas même y déposer quelques baisers... Tu délires, me rassérénai-je, ce n'est vraiment pas prudent de tenter le diable à ce point. Et en l'occurrence, le diable, c'était moi. Serais-je assez fort pour m'arrêter sans lui faire de mal ? Sans la blesser ? Je ne méritais pas un être tel qu'elle à mes côtés. Je devais être plus prudent aujourd'hui que jamais ! Sa vie en dépendait.

Je claquais ma portière et me tournais vers la forêt, appréhendant le moment où nous serions seuls, et où je lui montrerais qui j'étais vraiment. Peut-être fuirait-elle en courant... non...elle ne le pourrait pas... elle serait perdue.

Je chassais vite ces sombres pensées.

----- - Par ici, dis-je en jetant un coup d'½il derrière moi.
----- - Mais le chemin ? Bêla-t-elle, paniquée, en courant autour du camion pour me rattraper. Je profitais de son inattention pour déboutonner ma chemise, ainsi elle verrait par elle-même a quel point ma peau était répugnante.
----- - Je n'ai jamais dis que nous l'emprunterions.
----- - Ah bon ?

J'avais raison, sans moi elle était complètement perdue dans cette forêt. Mais sans toi elle ne s'y risquerait pas ! Me dit une voix sournoise dans ma tête, mais criante de vérité.

----- - Je ne te laisserai pas te perdre va ! Me radoucis-je devant tant de désarrois en me tournant vers elle. L'heure de vérité approche me dis-je.

Elle poussa un petit cri à la vue de mon torse dénudé. Avait-elle peur ? A ce moment précis, j'aurais tout donné pour pouvoir entendre ses pensées. Elle m'examina et plus elle observait mon torse, plus son visage prenait des airs torturés. Je devais surement la dégouter, peut-être se retenait-elle pour ne pas fuir en courant... pour la seule raison qu'elle avait peur de se perdre. J'étais un monstre et un égoïste pour avoir espéré croire qu'elle ne serait pas terrifiée par ma vraie nature !

----- - Tu préfère rentrer ? Murmurai-je d'une voix qui trahissait ma souffrance.
----- - Non.
----- - Qu'y a-t-il, alors ? Dis-je plus tendrement. Je ne voulais pas l'effrayer, pas maintenant.
----- - Je ne suis pas très bonne marcheuse, confessa-t-elle penaude. Il va falloir que tu sois très patient.
----- - J'en suis capable... même si ça exige beaucoup d'efforts. Ce qui n'était pas peu dire. Je détestais devoir me mouvoir à une vitesse humaine en temps normal, mais là que j'avais décidé de me comporter naturellement, elle me demandait d'être encore plus lent que d'habitude ! Mais pour elle j'aurais fait n'importe quoi. Je pris donc mon mal en patience, en me promettant une descente beaucoup plus rapide pour compenser.

Nous avions la journée devant nous... et je n'étais pas vraiment pressé de me retrouver dans la clairière, seul avec elle, et revivre en direct la prémonition d'Alice.

Je lui souris alors, pour lui montrer que j'étais capable de l'attendre et de marcher à son rythme. Elle semblait découragée avant même d'avoir commencé à marcher. Je voulais que nous puissions agir normalement. Elle tenta de me retourner mon sourire, mais sans grande conviction. Craignait-elle que la journée ce passe mal?

Je l'observais, et me répétais qu'il n'y avait aucune raison pour que je perde le contrôle. Ses cheveux ondulaient imperceptiblement, caressés par une douce brise. Ses épaules semblaient si fragiles, j'aurais aimé la prendre dans mes bras pour la protéger. Mais ici, c'était moi qui étais le plus dangereux pour elle. Il fallait que je la protège de moi-même.

----- - Tu vas rentrer chez toi, jurais-je pour elle et pour moi.
----- - Si tu veux que je crapahute dix bornes dans la jungle avant le coucher du soleil, tu ferais mieux d'avancer, lança-t-elle acide.

Je ne comprenais pas sa colère. Ou plutôt, j'étais étonné de voir qu'elle était plus contrariée qu'apeurée. Je venais de lui dire que j'allais tenter de me contrôler pour qu'elle puisse rentrer chez elle ce soir saine et sauve, et tout ce qui l'importait était de faire les dix kilomètres de marche avant la nuit.

Nous nous enfonçâmes peu à peu dans la forêt. L'odeur des pins, de la végétation et des animaux alentour gagnèrent mes narines. Ce qui m'effraya un instant. Nous étions dans le même environnement que lors de mes parties de chasse. Mais l'odeur la plus appétissante n'était pas celle d'un puma, mais celle de Bella.

A mon grand étonnement, mon corps de vampire fut sans réaction. Au cas où, je m'étais préparé à lutter contre mon instinct, mais seul mon corps d'homme réagissait à cet instant précis. A mon plus grand bonheur, je réalisais que Bella avait transformé le monstre qui était en moi en homme capable de se maitriser. Et je priais pour que cet état ne s'arrête jamais, ainsi la prédiction d'Alice ne se réaliserait pas. Le bonheur que je ressentais en sa compagnie était quelque chose d'inédit qui balayait tous sur son passage. Pour cette raison, sa lenteur ne fut pas si exaspérante que je l'avais crains.

Elle me suivait tant bien que mal, sans se plaindre. Connaissant sa tendance aux maladresses, je faisais mon maximum pour lui éviter tout les obstacles de mère nature : je prenais les chemins dégagés, j'écartais les fougères humides et les rideaux de mousse devant elle, je lui tenais le coude pour l'aider à franchir des troncs d'arbres ou des rochers. Je me faisais violence pour la relâcher dès qu'elle n'avait plus besoin de se tenir à moi. Son c½ur s'accélérait dangereusement à chacun de ces contactes, ce qui ne manquait pas de me troubler. Je sentais ma peau s'embraser dès que je posais la main sur elle. Ce qui était cependant loin d'être désagréable, et me donnait encore plus envie de prendre sa main dans la mienne. Mais c'est exactement pour cette raison que je ne pouvais pas le faire. La froideur de ma peau de marbre allait la dégouter, même si elle n'oserait jamais l'avouer. Et je ne voulais surtout pas lui paraître désagréable. Je me contentais alors de son odeur, délicieuse, et des effluves de chaleurs qu'elle dégageait, la rendant encore plus attrayante à mes yeux.

Ce que je ressentais était dur à expliquer. Je connaissais ces sentiments pour les avoirs vus mainte et mainte fois joués par des acteurs dans divers films, mais jamais je ne les avais ressentis moi-même. Et je ne pouvais pas mettre de mots dessus. Dans mon esprit, le fait de verbaliser ce que je ressentais envers Bella, le rendait moins beau, moins mystérieux, moins magique. Cela perdait de son charme avec les mots. Il n'existait pas de mots assez forts pour décrire la puissance de mes sentiments, qui étaient d'autant plus amplifiés par ma nature vampirique.

Nous avions commencé notre ascension en silence, bercés uniquement par le chant de quelques oiseaux et le clapotis apaisant d'un cours d'eau, trop loin pour que Bella puisse l'entendre. Mais ce silence devenait de plus en plus pesant, au fur et à mesure que mon désir de la toucher grandissait. Pour éviter de me laisser contrôler par mes émotions, j'engageais la conversation en plus posant quelques petites questions qui avaient échappées à mon investigation de ces deux derniers jours. Notamment la date de son anniversaire, les enseignants qu'elle avait eus à l'école primaire, les animaux de son enfance. Cette dernière chose provoqua mon hilarité. En effet, elle m'apprit qu'elle avait tué trois poissons rouge à la suite, et que depuis elle avait renoncé à ce genre d'institution. Et ce qui déclencha mes rires était la façon penaude et honteuse dont elle me l'annonça. Je ne l'imaginais pas en train de faire du mal intentionnellement à ces pauvres bêtes, elle qui était si fragile, elle ne ferait pas de mal à une mouche.

J'avais eu du mal à calmer mon hilarité. Pourtant le fait qu'elle a tué trois poissons n'avait rien de particulièrement drôle, mais mon rire cachait également ma nervosité.

Il nous fallut presque toute la matinée pour faire le trajet que j'avais prévu. Ma patience me surpris presque, Bella avait un effet vraiment apaisant sur moi, et son pouvoir était presque plus efficace que celui de Jasper. En effet celui-ci forçai ma volonté, alors que Bella m'apaisait de façon naturelle.

Je ne pouvais pas entendre ses pensées, mais il me restait d'autres atouts. Je pouvais en effet sentir sa nervosité et son impatience grandir, par les battements accélérés de son c½ur, et la fine pellicule de sueur qui se formait sur sa nuque.

Le soleil commençait à percer la pénombre des arbres, je fis alors attention de ne pas me mettre dans un des rayons qui passaient au travers des feuilles. Je ne voulais pas lui faire peur prématurément. Et comme pour confirmer mes dires, elle me demanda :

----- - On est bientôt arrivés ?
----- - Presque, dis-je d'un ton narquois. Tu vois la lueur là-bas ?

Elle scruta l'endroit que je lui avais indiqué en vain, je savais parfaitement que pour des yeux d'humain l'orée que je pouvais voir était hors de portée.

----- - Euh... non.
----- - C'est sans doute un peu trop loin pour tes yeux. La taquinais-je.
----- - Alors, il serait temps que j'aille chez l'ophtalmo, marmotta-t-elle, ce qui me fit rire.

Un ophtalmo ne comprendrait pas si elle allait se plaindre de ne pas pouvoir voir au-delà de plusieurs centaines de mètres.

Au bout d'une centaine de mètres, cependant, elle dut l'apercevoir, car elle accélérait le pas, je la sentais de plus en plus fiévreuse. Elle était pressée d'en finir avec cette balade. Et pour tout dire, je commençais moi-même à être de plus en plus nerveux. Je la laissais passer devant moi, ainsi elle découvrirait la clairière par elle-même.

Elle franchit la dernière rangée de fougères, et pénétra enfin dans la petite clairière, qui était pour moi comme le plus bel endroit du monde. Elle sourit à la vue du soleil baignant la place de lumière mordorée. Elle s'avança lentement, puis se retourna, me cherchant des yeux. Ne me voyant plus, elle eu un air alarmée, croyait-elle que j'allais l'abandonnée ainsi après lui avoir fait endurer des heures de marche ? Puis elle me vit et m'observa avec curiosité.

Je n'osais pas sortir de l'ombre protectrice des arbres. Je savais qu'elle attendait que je lui montre l'effet du soleil sur ma peau, mais je ne savais toujours pas comment elle allait réagir, je ne connaissais pas l'élément déclencheur de ma bestialité dans la vision d'Alice. J'avais peur, étrange pour un vampire non ?

Elle s'avança vers moi, me fit un sourire encourageant. Elle voulait que je la rejoigne, mais faute de réaction de ma part, c'est elle qui me rejoignait. Je ne voulais pas qu'elle s'approche plus de moi, je ne voulais qu'elle soit trop près de moi quand elle verra ma peau briller au soleil. Je ne voulais pas qu'elle ait peur de s'enfuir si toute fois elle le désirait. Je levais alors le bras pour lui intimer de stopper. Ce qu'elle fit en oscillant sur ses talons.

Je respirais profondément, m'imprégnant de son arôme, et des effluves subtiles mais insignifiantes de mon environnement. Ma gorge était un brasier que je venais d'alimenter. Mon habitude à combattre la soif me fut d'une grande utilité, ainsi que la partie de chasse de la veille. Mon entretient de cette nuit avec Alice était gravé en moi, et je concentrais toutes mes forces et mes capacités mentales pour faire le bon choix le moment venu. J'inspirais une seconde fois, pour être sur de mes instincts. Je me maîtrisais parfaitement. Je restais cependant sur mes gardes par prudence.

Je me préparais également à subir ses hurlements quand elle verrait quel monstre j'étais. Cette fois, elle ne pourrait pas faire autrement que de me rejeter. Et il fallait que je me prépare à cette éventualité pour que le choc et la douleur de la perdre ne m fasse pas faire d'erreur.

Ne voulant pas la faire attendre plus longtemps, je fis un pas pour enjamber les fougères, puis plongeais dans l'éclatante aura du soleil de midi, transformant ma peau en une boule à facette.

Je fermais les yeux. Je n'aurais pas supporté de voir son visage apeuré en me voyant. J'entendis son pouls s'accélérer, elle s'arrêta de respirer et étouffa un petit cri perçant. Pour une fois, j'avais vu juste. Je lui faisais peur. J'ouvris alors les yeux pour affronter sa colère ou sa peur, je ne savais pas encore dans quel état d'esprit elle était.

A ma grande surprise, ce n'était pas de la peur que je voyais dans ses yeux, mais de l'émerveillement. Je voyais mon reflet dans ses yeux brillant d'adoration. Etait-elle vraiment en pleine possession de ses capacités mentale ? J'avais vraiment peine à croire qu'elle pouvait aimer ce qu'elle était en train de voir. Elle était fascinée par le scintillement de ma peau, je m'étais attendu à tout sauf à ça. Ses réactions étaient toujours surprenantes et une parfaite énigme pour moi. Une fois de plus j'aurais tout donné pour pouvoir entendre ses pensées. Elle resterait pour toujours un éternel mystère.

Je m'approchais alors d'elle, doucement, son c½ur battait la chamade, elle mit sa main dans la mienne sans lâcher mon torse des yeux. Je pouvais voir chaque grain de ma peau se refléter dans ses prunelles chocolat tendre, et j'essayais en vain de voir dans ses yeux ce qui la fascinait tant en moi. Ma peau me dégoutait toujours autant, mais je n'y pensais bientôt plus. Sa main dans la mienne était si agréable que j'en oubliais le reste.

Nous restâmes ainsi toute l'après-midi, je m'étais allongé dans l'herbe tendre et avais fermé les yeux, j'aurais pu rester ainsi des heures avec le délicieux parfum de Bella qui me brulait la gorge. Je le laissais m'envahir, pour ensuite le refouler, j'étais fier de mon self-control. J'étais bien décidé à tout mettre en ½uvre pour ne pas commettre l'irréparable.

Je sentais son regard sur moi, mais je refusais d'ouvrir les yeux. C'était la première fois de ma vie que je me sentais aussi bien, j'étais dans un état de plénitude total, je voulais que ce moment ne s'arrête jamais. Si seulement elle était vampire, mon souhait pourrait ce réaliser. Je m'interdis cependant de telles pensées égoïstes, je ne voulais pas gâcher mon bonheur. Je chantonnais la douce berceuse que je lui avais composée. J'étais tellement serein, tellement heureux, jamais je n'avais ressenti ça auparavant.

----- - Pourquoi tes lèvres tremblent-elles ?
----- - Je chante, mais trop bas pour que tu puisses l'entendre.

Elle ne cessait de m'observer. Je la laissais faire, pour qu'elle s'habitue à mon physique inhumain. Je sentais son souffle chaud, porté par une douce brise s'écraser sur mon bras, j'en avais des frissons. Je luttais pour ne pas bouger et la serrer contre moi. S'en était peine croyable, mais cette clairière qui d'ordinaire m'apaisait tant, faisait aujourd'hui naître en moi une excitation grandissante à laquelle j'avais du mal à faire face. J'étais pourtant le champion dans le domaine du refoulage de sentiment, mais à cet instant, cette partie de moi était hors contrôle. C'était assez déstabilisant, mais je ne m'en plaignais pas.

Cette fille était tout bonnement incroyable. Elle m'avait appris tellement de choses, jamais je n'aurais cru ça possible. Grâce à elle je savais maintenant interpréter les réactions des personnes sans forcément lire dans leur esprit, il me suffisait de me baser sur leur rythme cardiaque et leurs yeux. Bien sur, cette personne ne devait pas être aussi imprévisible que Bella ! Mais en mettant en parallèle ces deux techniques, j'essayais de tout mon être de déchiffrer les pensées de Bella.

J'étais vraiment un être abject, elle était la seule personne qui me résistait et qui bénéficiait d'une intimité mentale méritée, et je faisais tout mon possible pour la lui prendre. Je me trouvais cependant des excuses en me disant qu'il était nécessaire que je la comprenne pour la sécurité de ma famille. Du moins, elle était valable au début.

Mes pensées se tournèrent ensuite vers un autre sujet. L'odeur de Bella m'emplissait les narines, et il m'était impossible d'un faire abstraction. Je pensais alors à elle de manière agréable, mon corps de vampire était sous contrôle, contrairement à mon corps d'homme qui ne demandait qu'une chose : être plus proche d'elle.

Je me souviens avoir entendu Jessica évoquer l'absence de notre premier baiser, après le drame de Port Angeles. Bien sur Jess n'étais pas au courant des évènements, elle pensait seulement que l'on avait organisé un petit rendez-vous. Cette idée m'avait alors parut saugrenu et irréalisable. Aujourd'hui, je reconsidérais la question. J'essayais alors de m'imaginer l'effet que cela me ferais. Si seulement j'avais pu y songer avant, j'en aurais touché deux mots à Emmett.

Mes réflexions furent stoppées brutalement, et je sorti de ma bulle quand je senti une brulure sur le dos de ma main. Ce n'était pas douloureux, mais étrangement familier et surprenant à la fois. Je me laissais faire. Je souris de plaisir, et ouvris mes yeux. Je vis Bella, tellement belle, tellement tendre, elle faisait courir ses doigts timidement sur le dos de ma main. Je m'émerveillais de sa beauté et des sensations qu'elle me procurait.

----- - Je ne t'effraie pas ? Demandais-je sur le ton de la plaisanterie, tout en attendant une réponse sincère.
----- - Pas plus que d'habitude.

Je lui souris alors de façon à ce qu'elle puisse voir mes dents aiguées, et qu'elle se souvienne du danger qu'elle était en train de caresser. Mais au lieu de la faire reculer, elle s'avança entre plus, et parcourut du bout de ses doigts hésitants les contours de mon avant-bras. Je sentais ses doigts trembler, ce qui me donnait encore plus de frissons sous ma peau. Je fermais alors les yeux pour graver ces sensations à tout jamais dans mon esprit.

----- - Je t'embête ? murmura-t-elle.
----- - Non. Tu n'imagines pas les sensations que tu me procures.

Rassurée, elle continuation l'ascension de mon bras en suivant la courbe de mes muscles, et de mes veines. Ce qui s'apparentait à la caresse d'une plume sur du béton armé. Une violente vague de désire s'emparât de moi sans crier gare. Je voulais pouvoir lui prendre sa main, lui retourner ses caresses. Je voulais lui faire ressentir ce qu'elle me faisait à cet instant. Ce fut dur de résister à la tentation. Je sentis sa main s'approcher de la mienne. Je devinais qu'elle voulait me la retourner pour continuer ses caresses, et sans que je puisse contrôler quoi que ce soit, je retournais ma main à une vitesse surhumaine. Je voulais que ses caresses continues sans interruption. Elle se figea alors, ma rapidité l'avait surprise. Peut-être même l'avais effrayée. Mais après tout, je voulais qu'elle voie ma vraie nature, et c'était justement ce type de comportement qui était naturel chez moi, de plus je me sentais tellement bien en sa compagnie que j'en oubliais qu'elle était humaine et moi vampire.

----- - Désolé, marmonnai-je, pour ne pas casser la magie qu'il y avait dans l'atmosphère de la clairière. J'ai tendance à me laisser aller à ma vraie nature, avec toi.

Elle souleva mon poignet, et le fit tourner en l'approchant de son visage. Elle observait de très prêt les reflets du soleil sur ma peau. On aurait dit qu'elle tentait de voir à travers ma peau, ou essayait-elle de percer le mystère de mon derme ? Je ne parvenais plus à contenir ma curiosité. J'aurais du être un homme heureux et comblé, mais c'était tout le contraire. J'étais totalement frustré de devoir resté ainsi immobile sans pouvoir la toucher pour sa sécurité, et je ne pouvais même pas entendre ses pensées pour me distraire.


----- - Dis-moi à quoi tu penses, murmurais-je. L'ignorer est si étrange.
----- - Je te signale que c'est notre lot commun, à nous autres.
----- - Votre existence est dure. Dis-moi, insistais-je.
----- - Je songeais que j'aurais aimé savoir ce que toi tu pensais...
----- - Et ?
----- - Je songeais que j'aurais aimé croire en ta réalité. Et ne pas avoir peur.
----- - Je ne veux pas que tu aies peur.

J'aurais tant voulu la rassurer, lui dire qu'elle n'avait rien à craindre tant qu'elle serait près de moi. Comme l'aurait n'importe quel homme normal voulant la protéger, elle était tellement fragile. Mais je ne pouvais pas dire ces mots alors que le seul danger présent à des kilomètres à la ronde était assis auprès d'elle, main dans la main. Je pouvais seulement lui dire ce que j'aurais aimé qu'il se passe.

----- - Pour être exacte, la peur en elle-même ne le préoccupe pas tant que ça. Bien qu'elle ne soit pas négligeable.

Si le danger que je représente ne l'effrayait pas, qu'est-ce qui avait alors un tel pouvoir sur elle ? Ceci m'intrigua à un tel point que je me redressais à demi, alors s'en y faire attention, je me retrouvais alors accoudé sur mon bras droit et mon visage n'était à quelques centimètres du sien. Elle aurait dû reculer face à une proximité si soudaine. Elle n'en fit cependant rien. Sa réaction me servit donc de test : je ne le lui faisais absolument pas peur ! Je n'en revenais pas, je savais qu'elle était tellement éblouie par ma présence, pour reprendre ses mots, qu'elle se comportait le plus souvent comme si j'étais un humain comme les autres. Mais je croyais qu'une partie d'elle, du moins son subconscient ressentait une part du danger qu'elle refusait de voir. Mais sa réaction venait de me prouver le contraire !

Ses yeux étaient hypnotisés par les miens, elle ne semblait pas décidée à m'expliquer se qui l'effrayait plus que de se retrouver seule avec pour seule compagnie un vampire.

----- - Que crains-tu ?

Mais au lieu de me répondre, elle se contenta de s'approcher encore plus de moi, se penchant sur la bouche avec un air gourmand... je me sentis flancher, c'était comme si la terre s'était dérobée sous moi, j'étais complètement désarçonné par sa réaction. Je ne pouvais décemment pas répondre à sa demande. Je ne pouvais pas non plus la repousser, c'était au dessus de mes forces, et je ne voulais surtout pas la blesser. Elle poussa un soupir et son haleine vint me brûler la gorge, son arome était si délicieux, et sa gorge chaude si tentante, je pouvais voir battre son sang dans ses veines, comme une invitation à la dégustation, même si je n'avais pas soif, il m'était dur d'y résister. Elle n'avait pas conscience des risques auxquelles elle s'exposait. Je me ressaisis avec difficulté, je ne pouvais pas faire une chose aussi monstrueuse. Une seule solution s'offrait alors à moi : la fuite.

A peine avait-elle eu le temps de cligner des yeux que déjà j'étais à dix mètres d'elle, au bord de la clairière, dans la pénombre d'un sapin. Je ne pouvais détacher mes yeux d'elle. Elle était tellement belle, j'aurais tellement aimé répondre à ses avances... mais c'était beaucoup trop dangereux, autant pour elle que pour moi.

Cette scène me fit alors repenser à la vision d'Alice. Etait-ce pour cette raison que je la tuais ? Parce que j'avais pris le risque de me laisser faire, et que son arôme m'avait fait tourner la tête au point de perdre le contrôle ? Non je ne pouvais pas y croire, mais en même temps, je ne pouvais pas sérieusement vérifier mes théories.

Tout se bousculait dans ma tête. Le baiser entre moi et Bella suggéré par Jessica, les avances de Bella et les incohérences de mon corps face à celles-ci, mon désir de lui montrer ma vraie nature, la vision d'Alice... C'était le moment de prendre une décision. La raison ou la chair ?

----- - Excuse-moi, dit-elle tout bas.
----- - Donne-moi juste un moment.

C'était le moment idéal pour lui montrer qui j'étais réellement. J'allais lui montrer le monstre qui était en moi. Je me concentrais un maximum pour ne pas déraper et commettre l'irréparable. Je devais montrer ma face cachée, mais je devais pouvoir être maître de mes instincts. Je m'avançais alors doucement vers elle pour ne pas l'effrayer d'avantage. Je m'arrêtais à quelques pas d'elle et m'assit en tailleur. Mon regard était vrillé au sien, je voulais qu'elle oublie tout ce qui se trouvait autours de nous, je voulais l'éblouir. J'inspirais profondément, laissant son parfum m'envahir, je goutais son arome sur le bout de ma langue... exquis... mais secondaire. Son corps de femme paraissait soudain plus irrésistible que sa merveilleuse odeur...

----- - Désolé, marmonnais-je un peu désarçonné par ce que je venais de constater. Comprendrais-tu si je te disais n'être qu'un homme ?

Elle acquiesçait, mais je sentais qu'elle restait sceptique. Son pouls s'accéléra, je sentais l'adrénaline monter en elle, au fur et à mesure que ma nature s'imposait à elle. Elle prenait enfin conscience du danger que je représente. Ma première réaction fut de la rassurer, mais je m'en empêchais à temps. Il était vraiment indispensable qu'elle voit qui j'étais. Je laissais alors tomber le masque rassurant que j'avais essayé d'afficher, pour prendre celui du vampire séducteur.

----- - Je suis le meilleur prédateur au monde, n'est-ce pas ? Tout en moi t'attire – ma voix, mes traits, mon odeur. Comme si j'avais besoin de ça !

Et d'un bond, je regagnais le sapin que je venais de quitter. Sa peur palpable était comme un carburant pour moi, je me laissais alors gagner peu à peu par ma nature de chasseur hors paire.

----- - Tu ne pourrais pas m'échapper ! M'esclaffais-je avec amertume.

J'arrachais au sapin une branche de cinquante centimètre de diamètre – le geste était trop facile, je jouais alors avec avant de la jeter à la vitesse d'un boulet de canon contre le tronc d'un arbre où elle explosa. Elle n'avait vraiment aucune chance face à moi. Je me rendis ensuite compte que ces sombres pensées ne pouvais m'appartenir réellement. Je sentais le monstre en moi qui était en train de se réveiller. Il se délectait du spectacle.

Bella, si fragile. Elle me regardait, ne comprenant pas ce qui était en train de se passer dans ma tête. « Bella » hurlai-je sans qu'aucun bruit ne puisse sortir de ma bouche. J'aurai voulu la prévenir, qu'elle puisse s'enfuir. Mais elle n'aurait eue aucune chance. Je venais de le lui prouver d'ailleurs.

Je la rejoignis, et m'assis. Pour sa sécurité je préférais me figer complètement.

----- - Tu ne pourrais pas me résister, murmurais-je

Elle s'était pétrifiée, n'osant plus bouger face à mon comportement inadmissible. Mon excitation face à la proie qu'elle représentait commençais à faiblir, je venais de prendre conscience de mes actes, je voulais la rassurer.

Le monstre qui était en moi ne l'entendait pas de cette façon, je n'arrivais pas à le faire taire. J'y mettais toute ma volonté, toute ma force. Rien n'y faisait. Il était plus fort que moi. Abandonner était peut-être la seule solution. Il riait en moi, se moquait de ma faiblesse. Un vampire ne peut s'éprendre d'une humaine.

Je cherchais alors un moyen de le vaincre, d'être plus fort que lui.

----- - N'aie pas peur, chuchotai-je avec des intonations veloutés et séductrices qui étaient celles du monstre. Je te promets... Je te jure de ne jamais te faire de mal.

Ces dernières paroles étaient plus un avertissement pour le monstre que des paroles véritablement destinée à Bella. Je savais qu'il en faudrait plus pour qu'elle se sente plus rassurée.

Une douce musique résonna alors dans ma tête. C'était la berceuse de Bella. Au fil de la musique, le monstre reculait en moi. Je venais de trouver le moyen de le faire taire. Les notes s'emballèrent et résonnèrent. Au bout de quelques secondes, je remportais enfin la victoire définitive. Je venais de comprendre, que Bella ne risquerait plus sa vie ainsi en ma compagnie. Car c'était elle, en réalité, et non la musique, qui m'avait véritablement sauvé de moi-même. Bella était ma muse, et cette mélodie représentait Bella en tout point. C'était elle, retranscrite sur une partition. La victoire de la raison sur la chair.

Ayant repris le contrôle de moi-même, je me rapprochais d'elle avec une lenteur volontairement exagérer. Afin de lui laisser le temps de me repousser si elle le désirait. Je l'aurais d'ailleurs largement mérité.

----- - N'aie pas peur, répétai-je.

Je me baissais ensuite jusqu'à ce que nos yeux fussent au même niveau. Je voulais qu'elle voie ma sincérité.

----- - S'il te plaît, pardonne-moi. Je sais me contrôler. Tu m'as pris au dépourvu, c'est tout. Je vais être sage maintenant.

J'attendais sa réaction, mais elle semblait avoir perdu l'usage de la parole, je pris alors une voix calme et détendue pour la rassurer.

----- - Je n'ai pas soif, aujourd'hui. Dis-je en lui adressant un clin d'½il complice.

Elle se mit alors à rire, mais son rire était tremblotant et étranglé. Elle commençait vraiment à m'inquiéter. Avais-je surestimé ses capacités d'assimilation d'informations surnaturelles ? Je pris alors ma voix la plus tendre pour m'ôter mes doutes.

----- - Ça va aller ?

Je posais ma main prudemment sur la sienne, agréablement chaude. Son contacte me procurais comme des petites décharges d'électricité, elle me rappelait la tension qu'il y avait eu entre nous pendant le film en biologie. Je me repris. Je ne voulais pas m'égarer dans mes souvenirs, je voulais vivre pleinement l'instant présent aux côtés de Bella.

----- - Où en étions-nous, avant que je me comporte aussi mal ?
----- - Très franchement, j'ai oublié.

Je me sentis alors honteux. Je venais seulement de réaliser combien mon comportement avait été inadmissible. Et pourquoi avais-je agis ainsi ? Parce qu'elle refusait de me dire pourquoi ce n'était pas ma nature vampirique qui la terrorisait le plus ! J'avais honte de mon attitude, même si elle lui avait peut-être ouvert les yeux sur le vrai danger. Je l'aidais alors à ce souvenir de notre conversation.

----- - Je crois que nous parlions de ce qui provoquait ta peur, en dehors des raisons évidentes.
----- - Ah oui.
----- - Alors ?

Pour toute réponse, elle dessina des lignes hasardeuses sur ma paume. Ces sensations étaient totalement inédites, et extraordinairement agréable. J'aurais aimé qu'elle ne s'arrête jamais, mais la curiosité l'emporta sur le plaisir. Au bout de plusieurs secondes je ne pus résister, j'avais déjà dépassé mes limites en matière de patience aujourd'hui.

----- - La patience n'est pas mon fort, soupirais-je.

Elle plongea ses yeux dans les miens, et je pus y voir le reflet de mes propres craintes, de mes propres doutes. Nous savions l'un et l'autre que nous nous trouvions dans une impasse.

----- - J'ai peur parce que, pour des raisons évidentes, je ne peux pas rester avec toi. Or, j'ai peur d'en avoir envie de manière déraisonnable.

Après ce moment de lucidité, elle n'osa plus me regarder. Finalement, mon petit numéro avait porté ses fruits. Je n'en étais cependant plus très fier. Je ne voulais pas que par ma faute elle s'éloigne de moi. Elle avait raison, je devais m'éloigner d'elle, c'était mon devoir de la laisser vivre sa vie en paix. Elle venait de m'avouer qu'elle était beaucoup plus attachée à moi que je ne le pensais. Je devais partir loin d'elle pour son bien, mais j'en étais bien incapable. J'étais trop égoïste pour m'éloigner, je voulais goûter au bonheur mon aussi. Qui pourrait me le reprocher ?

----- - Oui, désirer ma compagnie est effectivement effrayant. Et vraiment pas dans ton intérêt. J'aurais dû m'éloigner depuis longtemps. Il faudrait que je parte, là, tout de suite. Hélas, je ne suis pas certain d'en avoir la force.
----- - Je ne veux pas que tu t'en ailles.
----- - Voilà exactement pourquoi je devrais m'y résoudre.

A ces mots, elle eue l'air totalement paniquée.

----- - Ne t'inquiète pas, va. Je suis égoïste. Moi aussi, je désire trop ta compagnie pour être raisonnable.
----- - J'en suis heureuse.
----- - C'est mal !

Elle se réjouissait de ma faiblesse. Tout comme le monstre qui était en moi il y quelques minutes. Je pensais qu'elle avait compris que ma présence ne lui apporterait que des ennuis. Mais elle semblait passer outre, seul comptait pour elle ma présence à ses côtés. J'en étais heureux d'une certaine manière, mais je ne pouvais m'empêcher de ressentir de la tristesse face à son attitude suicidaire. J'inspirais alors pour m'obliger à ressentir cette douleur qui était garante de sa vie. Son arôme enivrant était ma faiblesse et ma force. Tant que je la sentirais, ce serait la preuve que la douce était en vie. Je m'efforçais alors de lui rappeler la dure réalité qui était la mienne : j'étais un vampire et elle était ma tua cantante.

----- - Ce n'est pas seulement ta compagnie que je désire. Ne l'oublie jamais. Rappelle-toi que je représente un danger sans égal pour toi, que je suis la menace absolue.

Je préférais ne pas la regarder, je ne voulais pas affronter son regard apeuré.

----- - Je ne suis pas certaine de te comprendre.
----- - Comment t'expliquer sans t'affoler ? Dis-je en plongeant mon regard dans le sien, je ne voulais pas l'effrayer plus que raison, elle devait surement avoir eu sa dose de frisson pour la journée, même si elle ne l'admettrait jamais. Je ne voulais pas être responsable d'un éventuel malaise du à un trop grand choc.

Mes mains avaient repris d'elles-mêmes leurs places dans le creux des siennes. Je m'extasiais des sensations que cela me procurait.

----- - Cette impression de chaleur est étonnamment agréable, dis-je en contemplant nos doigts entrelacés.

Je pris le temps de la réflexion pour choisir mes mots, afin qu'elle comprenne mon dilemme. J'eu beau chercher, le meilleur moyen pour expliquer l'inexplicable était d'user de métaphore. C'était la seule façon pour elle de comprendre ce que je pouvais ressentir.

----- - Bon, tu sais que les gens n'ont pas les mêmes goûts. Certains aiment la glace au chocolat, d'autres préfère la fraise. Elle acquiesça, visiblement elle ne semblait pas voir là où j'essayais de l'emmener. Désolé pour cette comparaison malheureuse, je n'ai pas trouvé mieux. Nous rîmes ensemble. Son rire était si frais, si mélodieux, je ne m'en lassais pas.

Il faut dire aussi qu'il est dure de ce concentrer avec elle à côté de moi, si belle, si parfaite, si tendre, je voulais être plus proche d'elle physique.

----- - Tu vois, chacun à une odeur particulière, une essence personnelle. Si tu enfermais un alcoolique repenti dans une pièce pleine de bières frelatées, il réussirait à résister. Mais supposons que tu remplaces la bière éventées par un verre d'un excellent et rarissime cognac, que tu remplisses la pièce de ce seul et puissant arôme de vieux brandy, comment crois-tu qu'il se débrouillerait ?

Nous nous dévisageâmes, je tentais de lire dans ses yeux ce qu'elle refusait de me dire, en vain. L'obsession d'un alcoolique est risible face à la mienne. L'exemple était d'autant plus mal choisi, qu'elle n'avait sans doute aucune idée de ce que pouvais provoquer l'addiction.

----- - La métaphore est sûrement mal choisie. Il n'est peut-être pas si difficile de résister au cognac. J'aurais du prendre un héroïnomane.
----- - Serais-tu en train de me suggérer que je suis une dose d'héroïne ?
----- - Exactement.
----- - Cela arrive-t-il souvent ?

Cela ne m'était jamais arrivé, mais je ne pouvais pas me contenter de le lui dire simplement, je voulais qu'elle comprenne ce que je ressentais vraiment. Et mes frères avaient déjà eu affaire à ce genre de situation...

----- - J'en ai parlé à mes frères. Pour Jasper, vous êtes interchangeables. Il est le membre le plus récent de notre famille, et son sevrage relève du combat. Il n'a pas encore eu le temps de se sensibiliser aux différentes odeurs et saveurs. Navré...

Je venais de me rendre compte que je parlais à Bella de la même façon que si j'avais parlé à Emmett. J'espérais ne pas l'avoir effrayer en parlant ainsi d'êtres humains.

----- - Ce n'est rien. Ecoute, ne te soucie pas de me choquer ou de m'effrayer. C'est votre mode de fonctionnement, et je peux le comprendre, m'y efforcer du moins. Explique les choses comme elles te viennent.

Je lui en étais vraiment très reconnaissant d'être aussi compréhensive et tolérante. Elle me simplifiait les choses, contrairement à son habitude... ce qui était appréciable, surtout après ma conduite impardonnable.

----- - Merci. Bref, Jasper n'est pas sûr d'avoir rencontré quelqu'un qui soit aussi... attirant que tu l'es pour moi. Emmett, qui est, si je puis dire, dans le bain depuis plus longtemps m'a compris, lui. Il m'a avoué que ça lui était arrivé deux fois, dont une de manière très puissante.
----- - Et à toi ?
----- - Jamais.

Elle médita mes paroles un instant, avant de reprendre son interrogatoire. Mais comme à son habitude, elle posa la mauvaise question...

----- - Comment à régi Emmett ?

Je ne voulais pas lui mentir, mais je n'avais pas la force de lui dire la vérité non plus. Je ne voulais pas la choquer, elle savait déjà qu'elle avait faillit mourir le jour de notre rencontre. Inutile d'en rajouter... ma main se serra alors en un poing de pierre dans la sienne, et je détournai les yeux...je ne pouvais plus voir ses yeux apeurés une nouvelle fois.

----- - Je crois deviner, finit-elle par murmurer.

Je ne voulais pas qu'elle juge mon frère sans le connaître. De plus, cela s'est passé il y a tellement longtemps, Emmett n'était pas aussi fort que maintenant pour résister. D'ailleurs moi-même, face à l'odeur envoutante de Bella, j'avais perdu toute notion de prudence. J'affrontais alors son regard d'un air triste et suppliant.

----- - Même le plus fort d'entre nous a le droit à l'erreur, non ? Chuchotai-je.
----- - Que veux-tu ? Mon consentement ? lança-t-elle sèchement.

Elle avait raison, je ne pouvais pas décemment lui demander de comprendre le geste de mon frère. Elle ne le pouvait pas. Elle ne pouvait pas s'imaginer la douleur que je ressentais à chaque secondes passées à ses côtés. Elle se radoucit ensuite, ce qui me surprit.

----- - Est-ce à dire qu'il n'y a pas d'autre solution ?
----- - Non, non ! M'empressai-je d'objecter. Il y en a d'autres, bien sûr. Il est évident que je ne...

Une fois de plus, je ne pus achever ma phrase. Je plongeais alors mes yeux dans les siens, espérant trouver le réconfort et le courage dont j'avais besoin.

----- - Nous deux, repris-je, c'est différent. Pour Emmett, il s'agissait d'étrangers, croisés au hasard. C'était il y a longtemps, et il n'était pas aussi... entrainé ni aussi prudent qu'aujourd'hui.

Finalement, je venais de lui dire une partie de la vérité, j'attendais avec appréhension sa réaction. Son regard s'assombrit tandis qu'elle méditait mes paroles, j'aurais vraiment tout donné pour pouvoir suivre le cheminement de sa pensée.

----- - Donc, si nous nous étions rencontrés...dans une allée sombre, je ne sais pas...

Je voyais parfaitement là où elle voulait en venir. Je n'osais même pas songer un seul instant à ce qui aurait pu arriver si l'on s'était rencontré en dehors du lycée, ou pire encore, dans une allée sombre comme elle venait de le suggérer.

----- - J'ai été contraint de fournir un effort démesuré pour me retenir... au milieu de cette classe pleine d'élèves. Lorsque tu es passée près de moi, j'aurais pu détruire en une fraction de seconde tout ce que Carlisle a bâti. Si je n'avais pas eu l'habitude de lutter contre ma soif depuis... trop longtemps, j'aurais été incapable de résister.

L'évocation de se souvenir, si vif dans ma mémoire, me rappela la bestialité qui s'était emparé de moi ce jour là, ainsi qu'aujourd'hui même.

----- - Tu as dû te dire que j'étais possédé.
----- - Je n'ai pas compris cette haine immédiate.
----- - C'était comme si tu étais une sorte de démon surgi de mon Enfer personnel pour me détruire. L'arôme de ta peau... j'ai cru devenir fou. Durant toute cette heure, j'ai imaginé mille et un stratagèmes pour t'attirer dehors et t'avoir à moi seul. Je les ai combattus un à un en pensant aux miens, aux répercussions éventuelles. Il fallait que je m'enfuie, que je m'éloigne avant de ne pouvoir retenir les mots qui t'auraient incitée à me suivre.

Bella devint pâle face à ce souvenir. Je lui avais fait plus peur ce jour là que ce qu'elle voulait bien reconnaître. Mais si ce n'était que cela, ce n'était pas si grave. Malheureusement, en plus de lui avoir fait peur, je l'avais en même temps charmé, hypnotisé.

----- - Tu serais venue, lui assurai-je.
----- - Sans doute, acquiesça-t-elle calmement.

Sa voix était calme, mais son c½ur me disait le contraire. Ce qui était tout à fait normal, elle reconnaissait qu'elle se serait jetée sans réfléchir dans la gueule du loup, et elle arrivait à conserver une voix calme. Elle me surprendrait toujours.

Je continuais ensuite sur mon élan de franchise. Je lui devais bien ça. Je voulais qu'elle saisisse le contexte dans lequel je me trouvais, pourquoi j'avais agit de la sorte. Je voulais qu'elle ait confiance en moi, et s'était le moment idéal pour le lui prouver.

----- - Ensuite, continuai-je, j'ai voulu changer mon emploi du temps, afin de t'éviter, et tu étais là, dans ce petit bureau surchauffé, et ton odeur était enivrante. Là aussi, j'ai failli craquer. Il n'y avait qu'un autre humain avec nous, une femme frêle que je n'aurais eu aucun mal à liquider.

J'utilisais volontairement des mots durs, pour qu'elle prenne conscience que sa vie n'avait tenue qu'à un fil durant tout ce temps, et aussi pour qu'elle ne blâme pas Emmett trop rapidement pour son geste. Je lui donnais les détails nécessaires pour qu'elle puisse voir les choses de mon point de vue avant de nous juger. Je la sentie frissonner. Ainsi, elle comprenait enfin. Sans me laisser perturber, je continuais mon récit.

----- - Mais j'ai résisté. J'ignore comment. Je me suis forcé à ne pas t'attendre, à ne pas te suivre. Dehors, il m'a été plus facile de réfléchir et de prendre la bonne décision, car je ne sentais plus ta fragrance. J'ai déposé les autres à la maison, j'avais trop honte pour leur confier ma faiblesse. Ils avaient juste devinés que quelque chose de très grave s'était produit, et j'ai foncé droit à l'hôpital pour annoncer à Carlisle que je m'en allais.

J'avais encore honte de ma fuite aujourd'hui, même si je savais à présent que j'avais agit au mieux pour toute ma famille. La meilleure solution avait été la fuite. Ce n'était pourtant pas dans mes principes, et Carlisle m'avait donné raison, mais il fallait tout de même reconnaître qu'elle était ma plus grande faiblesse, et que j'avais agit comme un lâche, j'aurais du affronter mes démons intérieurs au lieu de les fuir, comme je venais de le faire aujourd'hui même.

----- - Nous avons échangés nos voitures, il avait fait le pleine de la sienne, et je ne voulais pas m'arrêter. Je n'ai pas osé rentrer affronter Esmée. Elle ne m'aurait pas laissé partir sans une scène, sans essayer de me persuader que c'était inutile... le lendemain matin, j'étais en Alaska. J'y ai passé deux jours, avec de vieilles connaissances... mais la maison me manquait. Savoir que j'avais meurtri Esmée, les autres, ma famille adoptive, m'étais insupportable. Dans l'air pur des montagnes, j'avais du mal à croire que tu sois aussi irrésistible. Je me suis convaincu que fuir était minable. J'avais déjà été tenté, pas avec une telle ampleur, loin de là. J'étais fort. Qui étais-tu, petite fille insignifiante (j'eu un grand sourire, elle était loin d'être une fillette insignifiante) pour me chasser de l'endroit où je désirais vivre ? Alors je suis revenu...

Je la laissais digérer toutes ces informations. Cela faisait vraiment beaucoup à assimiler pour un cerveau d'humain, mais maintenant que j'avais commencé à me dévoiler, je ne pouvais plus m'arrêter. J'avais l'impression de me confesser, lui parler me soulageais en quelque sorte. Je ne voulais cependant pas qu'elle rompe le silence avant moi, je lui laissais alors le temps de méditer mon histoire, sans lui en laisser d'avantage qui la pousserait à questionner si je restais trop longtemps silencieux. J'essayais alors de calculer un laps de temps idéal, puis je repris.

----- - J'ai pris mes précautions, chassant et mangeant plus que nécessaire avant de te revoir. J'étais certain d'être assez solide pour te traiter comme n'importe quel autre humain. Malheureusement, c'était de l'arrogance. Qui plus est, mon incapacité à lire tes pensées et connaître tes sentiments à mon égard n'a fait que compliquer les choses. Je n'étais pas habitué à recourir à des méthodes aussi retorses, comme de t'espionner à travers Jessica... dont l'esprit n'est pas très original et dont je ne pouvais être certain de la fiabilité. Tout ça était très irritant. J'étais agacé de devoir m'abaisser à ce genre de comportement. Je désirais que tu oublies ce fameux jour, et j'ai tenté de te parler comme à n'importe qui. J'avais hâte même, espérant ainsi réussir à décrypter ton cerveau. Malheureusement, tu étais bien trop passionnante, et je me suis retrouvé pris au piège de tes expressions... aujourd'hui encore, quand tu agites la main ou secoue tes cheveux, ton odeur m'enivre... après, bien sûr, tu as failli être écrasée sous mes yeux. En mon for intérieur, je me suis inventé une excuse idéale, si je n'étais pas intervenu, ton sang se serait répandu devant moi, et j'aurais été incapable de me contenir, ce qui aurait montré à tous ma vrai nature. Mais ce prétexte ne m'est venu que tardivement. Sur le moment, ma seule pensée à été « pas elle ».

J'avais réussis à aller jusqu'au bout de mon récit, mais la peine, la honte, la douleur et la peur avaient pris le pas sur mon élan de courage. Je fermais alors les yeux, je ne pouvais plus me supporter, et j'aurais compris qu'elle me demande de partir. Je tendis alors l'oreille pour me donner une idée de sa réaction par rapport à son rythme cardiaque. Il ne s'était pas brutalement accéléré, et au contraire, était calme et régulier, sa respiration était de même. Je crus même percevoir un soupir de soulagement.

Ses réactions étaient tellement imprévisibles. Il était possible qu'elle se sente soulagée de comprendre enfin ce qui ce passait dans ma tête, au lieu d'avoir peur comme le commun des mortels. Cette fois, je lui laissais le soin de prendre la parole et de rompre ce silence.

----- - Et à l'hôpital ? murmura-t-elle d'une petite voix.

Une fois de plus, elle trouvait ce qui me faisait le plus mal. Elle ne le faisait pas exprès, bien sur. Je rouvris alors les yeux, et plantais mon regard dans le sien. J'avais raison, elle n'était pas apeurée, mais cherchait plutôt à comprendre. Je lui répondis avec le plus de sincérité possible.

----- - J'étais consterné. Je n'arrivais pas à croire que j'avais mis les miens en danger, que je m'étais livré à ton pouvoir, toi parmi tant d'autres. Comme si j'avais eu besoin d'une nouvelle raison de te tuer.

Les mots m'avaient échappés, mais ils reflétaient la triste vérité. Nous tressaillîmes alors. J'avais en effet toutes les raisons du monde pour la tuer, et pourtant, elle était assise tranquillement auprès de moi, avec la certitude que je ne lui ferais aucun mal. Et elle avait raison sur ce point, j'étais tout simplement incapable de lui faire du mal intentionnellement.

----- - Sauf que ça e eu l'effet contraire, poursuivis-je avant qu'elle ne s'imagine autre chose. Je me suis battu avec Rosalie, Emmett et Jasper lorsqu'ils ont suggéré que je tenais là une occasion de... (Je ne pus redire ces mots qui me faisaient tant souffrir). Nous ne nous étions encore jamais affrontés aussi violemment. Carlisle s'est rangé de mon côté. Alice aussi. Esmée m'a seulement conseillé d'agir de façon à pouvoir rester parmi eux. (Esmée était pleine de compassion, et ce qu'elle voulait le plus au monde, c'était de voir sa famille uni et heureuse). Le lendemain, toute la journée, j'ai scanné les esprits de ceux à qui tu parlais, et j'ai été choqué de constater que tu tenais parole. Je ne te comprenais pas du tout. Je savais juste qu'il m'était impossible de m'impliquer plus avant avec toi. J'ai fait mon maximum pour m'éloigner. Et chaque jour, le parfum de ta peau, de ton haleine, de tes cheveux... me frappait aussi puissamment que lors de notre première rencontre.

Je voulais lui donner raison, après l'écart de conduite que j'avais eu plus tôt, j'étais désormais persuadé moi aussi, qu'elle ne risquait plus sa vie à chaque instant passé près de moi, même ici, sans témoins, je pouvais résister à sa fragrance. Je me tournais à nouveau vers elle pour qu'elle puisse lire dans mon regard toute la sincérité de mes paroles.

----- - Paradoxalement, tout aurait été plus facile si je nous avais exposés dès le début en cédant à mes impulsions. Il est trop tard à présent, même là, tout de suite, alors que nous sommes seuls, sans témoins.

Ses yeux pétillaient, et je présentais qu'elle brûlait de me poser une question, auxquels il m'aurait sûrement encore été difficile de répondre. Je repris alors pour la devancer.

----- - Isabella...

J'avais prononcé son nom en entier, même si je savais qu'elle n'appréciait guère. Je voulais qu'elle voie que j'étais sérieux. Mais son regard interrogateur et plein de malice me firent perdre le fils. Je lui ébouriffais alors les cheveux, un frisson la parcouru.

----- - ... Bella, je ne me supporterais plus si je le faisais. Tu ne devines pas à quel point cela m'a torturé. T'imaginer immobile, blanche, froide... ne plus jamais te revoir rougir, ne plus jamais revoir cet éclat d'intuition allumer tes yeux quand tu pressens mes mensonges... ce serait intolérable. Tu es désormais l'élément le plus important de ma vie. De toute ma vie.

Sans m'en rendre réellement compte, je venais de lui avouer ce que je ressentais pour elle, ou du moins, une partie de mes sentiments. Je ne sais pas vraiment ce qui m'a poussé à le faire. Sans doute le soulagement de la non-réalisation de la prémonition d'Alice, ou était-ce une confidence de plus ? J'avais l'impression de livrer tout mes secrets un à un à Bella, sans retenue. J'aurais tant aimé qu'elle fasse de même. Peut-être attendait-elle que j'aie fait le premier pas... dans ce cas, c'était maintenant son tour de me livrer ses secrets.


Oriane Cléry
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#Posté le dimanche 28 juin 2009 07:15

Modifié le dimanche 25 octobre 2009 02:47

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grajk24v, Posté le jeudi 28 octobre 2010 18:36

In my opinion you are not right. Write to me in PM, we will talk.

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Nine, Posté le samedi 04 septembre 2010 14:37

Super !!! J'attend la suite avec impatience. J'espère que ce sera pour biento. Un grand merci.


WwsasouwW, Posté le samedi 17 juillet 2010 10:31

Je suis une fan de TWILIGTH et je te te remercie pour les chapitre 13, 14 & 15 de Midnight Sun
TWILIGHT FOREVER!!!!!


ophelie fan de twilight, Posté le lundi 28 juin 2010 10:03

trop bien merci


Luttie, Posté le dimanche 20 juin 2010 02:18

coucou bon bah c'est géniale merci d'avoir fait une suite :)
par contre quand vous reprenez les mots des volturi c'est pas "ma tua cantante" parce que ça veut dire "ma ta chanteuse" ^^ c'est "la mia cantante" enfin voila l'italien ^^
sinon c'est super!!!!
merci


Nessa Swan, Posté le jeudi 17 juin 2010 10:44

Woahw!! c vrémen du bon travail!!! g adoré!!! chapo l'artiste!!!! (jattend la suite dé chapitres ac impatience);)


twilight, Posté le dimanche 16 mai 2010 10:49

merci


Caro, Posté le mardi 20 avril 2010 18:02

Bonsoir! Jaime vraiment bcq!!! Vas tu ecrire les autres chapitre??? Jaimerais bcq savoir ce que edward pense quand il sauve bella d griffes de James.... OuOuOU.... A+ Et belle continuite c tres bien!


marcello, Posté le vendredi 19 mars 2010 16:18

quelques fautes et erreurs,mais rien de grave,j'magine ce que ce doit etre d'ecrire autant,juste que je pense toujours que tu detaille trop les penses d'edward tu devrait etre plus concis et moi long,parce que c'est assez long.merci baucoup,c'est toujours avec beaucoup de plaisir que je lis toujours.bonne continuation


Life-IsNot-Fair, Posté le samedi 06 mars 2010 13:16

Pourquoi Edward dirait "ma tua cantante" alors que ce terme est spécifique aux Volturi ?


T-vampire-9601, Posté le dimanche 28 février 2010 07:43

chapitre trèèèès long
mé j'adooore !!!
la scène de la clairière est encore mieux du point de vue d'Edward je trouve =D


oo-edward--bella-oo, Posté le mercredi 17 février 2010 09:10

c super il me tarde de lire la suite =D


oo-edward--bella-oo, Posté le mercredi 17 février 2010 09:10

Superbe ca correspond parfaitement avec fascination!!


Maira, Posté le lundi 01 février 2010 04:23

tu devrais penser a poster tes fic a stephenie. c tres bon ce ke tu fais.


Oc3N, Posté le jeudi 28 janvier 2010 12:36

Que dire ?... "TU ECRIES TROP BIIEEENNNN !!!!!!!!"??? Ca tu le sais déjà !!! Bon bref !!!
bisous !!!


blogtwilight, Posté le vendredi 15 janvier 2010 13:44

Tu es très doué !!!!


Ninou, Posté le jeudi 07 janvier 2010 03:55

Hello je suis tombee sur ton blog par hasard et j ai remarque plusieurs petites erreurs dans ta fic:
~La cle de la maison de Bella; Edward la trouve déja au chapitre 6 lorsqu il ramene Bella apres qu elle se soit evanouit en science nat.
~Alice a deja eu une vision d elle morte dans la clairiere d ailleurs au tout début (apres l accident)cet lorsqu Edward lui propose d y aller Alice le met en garde.
~Justement les Cullen étaient presents lorsqu Edward lui propose d aller dans la clairiere (a l exception de Carlisle et d Esme.) Ils sont donc au courant de son plan et donc surpris differement. En lisant le passage ou Edward les convoque pour leur dire ça , j ai eu l impression qu ils n etaient pas du tout au courant.
~Quand ils sont dans la voiture qu Edward lui posent des questions, A un moment Bella remarque le crepuscule et- qu Edward l associe justement au crepuscule de sa vie car c est sa lumiere etc... le crepuscule justement c est ce qui annonce la nuit, qui la precede...si Bella etait reelement la fin de sa nuit, se serait plutot son aube; Tu ne crois pas?. Apres je pense que tu as voulu faire un truc avec le titre.

Maintenant juste une petite critique, mais apres c est ton interpretation de l histoire et non la mienne:
~Selon moi Edward n avait pas premedité de se montrer sous sa forme monstrueuse lorsqu ils sont dans la clairiere. Peut etre avait il pense lui faire un avertissement? mais pas a ce point.je ne pense pas. A mon avis cela lui est venu sur le moment.

Maintenant je tiens a te feliciter, tu as un style d écriture magnifique. C est vrai qu on a du mal a faire la difference entre le style de stephanie Meyer et le tiens.
Je trouve que tu as su bien representer lespersonnages, leur penses ,tous ça...
Et surtout j ai beaucoup critique ta fic au debut de mon commentaire mais je sais a quelpoint c est difficile d ecrire ou de reecrire sur une histoire qui existe deja. J ecrivais moi meme beaucoup de fics et elles n etaient en tout cas pas aussi bien que la tienne.
Mais bon je ne peux pas m empecher de reperer le moindre petit detail XD
Continu en tout cas, toutes les fans on compte sur toi pour conaitre la suite des pensee de notre vampires prefere
tu as fait ce que j avais envie de faire mais que je n ai pas fait par manque de temps.


anonyme, Posté le jeudi 31 décembre 2009 08:24

vraiment c'est super on croit vraiment lire un livre de Stephenie Meyer, tu as superbement bien reproduit cette magnifique scène, continue le sautres chapitres pendant que je poursuis ma lecture et tu devrais peut être les envoyer à Stephenie Meyer pour qu'elle continue son livre (en changeant des trucs bien sur!!) parce que on veut quand même lire son livre


louise, Posté le mercredi 09 décembre 2009 06:21

J'avais pas compris que c'etais toi qui les avait écrit , je te félicite meme pas vu la difference BRAVO continue !!!


Elodie, Posté le lundi 07 décembre 2009 10:29

slt,
j'ai remarqué une autre erreur, le grand-père d'Edward n'a pas pu naître en 1850 puisque Edward est né en 1901, ça voudrait dire qu'il ont seulement 11ans d'écart, ça fait un peu bizard. lol :-)
Sinon j'ADORE ce que tu fais et j'ai beaucoup d'admiration anvers toi :-D


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