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La suite de Midnight sun

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midnightsunsuite

Description :

Vous êtes fan d' Edward Cullen, vous avez aimez midnight sun et vous êtes déçu de vous arrêtez au chapitre 12?? et bien voici la suite des chapitres, et on commence tout de suite par le 13, qui est trés attendu! je précise juste que je les ai écrit moi même en m'inspirant des 12 chapitres déjà écrit par Stephenie Meyer, et du livre Fascination auquel j'ai repris les dialogues pour coller au mieux à l'histoire.

Bonne lecture et n'oubliez pas de mettre des com's pour me dire ce que vous en pensez !!

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Chapitre 15 : La raison et la chair (suite)

----- - Tu sais ce que j'éprouve pour toi, finit-elle par confesser timidement. Je suis ici... ce qui en gros, signifie que je préfèrerais mourir plutôt que de te perdre. Je suis une idiote.
----- - Tu l'es, admis-je en m'esclaffant.

Nous rîmes ensembles. Elle était tellement belle à cet instant, les cheveux brillaient dans les rayons du soleil, révélant des mèches plus claires, le tout s'harmonisant à la perfection avec la couleur de sa peau. Sa déclaration face à la mienne était nettement plus courte, mais tellement significative... elle avait résumé en une phrase ce que j'essayais de lui dire depuis une heure ! En cet instant nous étions juste Bella et Edward. Et non une humaine et un vampire. Mais il fallait revenir à la réalité.

----- - Et le lion s'éprit de l'agneau... murmurai-je
----- - Quel imbécile, cet agneau, soupira-t-elle en détournant les yeux.
----- - Quel fou, ce lion... quel masochiste...

Oui, le lion que j'étais, était vraiment masochiste pour aimer la compagnie d'une personne dont le parfum était si dangereusement alléchant. Mais j'étais à présent presque certain d'être assez fort pour la protéger. Je contemplais la forêt ombreuse, qui me rappelait que ma place avait toujours était dans l'ombre. Aujourd'hui cependant, ma place était dans la lumière. Bella était ma lumière, mon soleil de minuit, qui me sortait de ma sombre vie. Des frisons de bonheur et de légèreté me parcoururent l'échine. Je me délectais de cette sensation.

----- - Pourquoi...

Elle s'interrompit, hésitante. Je lui souris alors pour l'encourager à poursuivre. Pour une fois que je ne lui avais pas réclamé de partager ses pensées...

----- - Oui ?
----- - Dis-moi pourquoi tu t'es enfui devant moi.
----- - Je viens de te l'expliquer, rétorquai-je. Lui exprimer toutes mes émotions avait déjà été une dure épreuve, hors de question de recommencer une seconde fois.
----- - Non. Je voudrais savoir ce que j'ai fait de mal. Il va falloir que je sois sur mes gardes, dorénavant. Mieux vaut donc que j'apprenne tout de suite les gestes à éviter. Celui-ci, par exemple, ajouta-t-elle en caressant le dos de ma main me procurant ainsi une sensation des plus agréables, paraît acceptable.
----- - Tu n'as rien fait de mal, lui assurai-je soulagé de ne pas avoir à réitérer mon récit. C'était ma faute, Bella.
----- - Mais je veux aider à te rendre les choses plus aisées, si c'est possible.

Elle était vraiment adorable. Ce n'était absolument pas sa faute si son odeur corporelle était irrésistible pour le vampire que j'étais.

----- - Eh bien... c'était juste ta proximité. Par instinct, la majorité des humains nous évitent, révulsés par notre étrangeté... je ne m'attendais pas à ce que tu ne te sauves pas. Et puis, il y avait l'odeur de ta gorge.

Les mots m'avaient une fois de plus échappés. Cette fois si elle n'était pas choquée, c'était officiel, cette fille n'était pas une humaine ordinaire ! Je me sentais tellement à l'aise à ses côtés, que je me laissais complètement allé. Je ne me sentais cependant un peu honteux de parlé d'elle de cette manière. J'étais presque en train de comparer sa gorge à un morceau de viande ! Une fille normale m'aurait giflé.

----- - Très bien, je la cacherai à partir de maintenant !

Et pour illustrer ses paroles, elle baissa le menton. Ce geste ne manqua pas de me faire rire. Elle ne m'en voulait pas le moins du monde, elle avait été sincère lorsqu'elle m'avait demandé de parlé comme les mots me venait. Elle était tout simplement incroyable !

----- - Non, vraiment, j'ai surtout été surpris.

Pour lui montrer que je pouvais résister à l'attraction de sa gorge, je plaçai mes mains glacées délicatement sur son cou chaud. Je sentis un frisson la parcourir à mon contacte. Etait-ce de la peur ? Non, il n'y avait aucune lueur de peur dans son regard.

----- - Tu vois, dis-je, tout va bien.

Je sentais son sang qui battait à une vitesse démesurée dans ses veines, et son c½ur qui s'emballait. Cet afflux de sang lui donna quelques rougeurs, accentuant d'une manière adorable la chaleur de ses joues.

----- - Ces rougeurs sont magnifiques, murmurai-je.

Au moment au je prononçais ces mots, le besoin de toucher ses joues, était devenu une nécessité. Je dégageais alors doucement la main qu'elle tenait toujours, et le plus délicatement possible, je pris son visage entre mes doigts de marbre. J'effleurais alors son visage tel une bulle de savon, sa peau était d'une douceur incomparable, et telle une drogue, effleurer sa peau ne me suffisait plus, j'en voulais plus.

----- - Ne bouge pas, lui chuchotai-je.

Je ne voulais pas qu'elle rompe le très fragile équilibre que je m'étais imposé mentalement. A cet instant précis, elle était le centre de mon univers, tout ce qui se trouvait autours de nous n'existait plus. Je me penchais vers elle, posément, sans la quitter des yeux un seul instant. Puis, tendrement, j'appuyais ma joue contre la courbe délicieuse de son cou, on aurait dit qu'elle avait été conçue pour m'accueillir, en effet, je pus m'y caler sans effort. Son parfum m'envahit, envoutant. Sa fragrance me fit tourner la tête, je fermais les yeux, voulant oublier tout ce qu'il y avait autours de nous, ne plus penser qu'à sa peau, sa douceur, son odeur, sa chaleur... mes mains glissèrent d'elles-mêmes le long de son cou, elle frissonna, et j'eue besoin de reprendre ma respiration, même si ce geste n'était pas, en réalité, indispensable. Mes doigts avaient pris leur liberté, indépendant de ma volonté, je n'étais plus très maître ce l'équilibre que je m'étais fixé. Elle avait un pouvoir déstabilisant sur moi, un pouvoir que je ne pouvais pas expliquer. Je comprenais enfin la signification du mot « Bonheur » !

Mes doigts descendirent le long de ses épaules, je frôlais sa clavicule de mon nez, j'enfouis ma tête dans sa poitrine, pour mieux écouter les battements de son c½ur. Je me laissais submerger par sa fragrance, ma gorge me brûlait terriblement, mais ce n'était rien comparé à ce que je ressentais. Un frisson me parcourut l'échine, et j'eus l'impression que mon c½ur mort avait quelques soubresauts. Je voulais que le temps s'arrête. Une fois encore, je fermais les yeux pour mieux profiter de l'instant présent, et le graver à tout jamais dans ma mémoire.

----- - Ah, soupirai-je en prêtant l'oreille aux battements de son c½ur, on aurait que le miens voulait lui répondre. Hélas, c'était impossible.

Nous restâmes ainsi des heures, elle avait respecté mon souhait, et n'avait pas bougée d'un millimètre. Ce qui était impossible pour le commun des mortels, mais elle semblait animée d'une volonté hors norme. J'en remerciais le ciel qu'il en soit ainsi, si elle avait bougé, je ne me portais pas garant des conséquences de notre étreinte. Son pouls finit par s'apaiser, ce qui me rendit les choses plus aisées. L'appel du sang étant moins fort, je pouvais mieux me concentrer sur sa peau, si merveilleuse autant par son parfum que par sa texture. Je ne m'en lassais pas, et surtout je ne voulais pas m'en lasser. Contrairement à ce que j'aurais cru, je ne me sentais pas gêné par cette soudaine proximité, mais apaisé, comme si j'avais toujours eu besoin de ce contacte, sans jamais m'en être rendu compte.

Je finis par desserrer mon étreinte, apaisé comme jamais, et heureux.

----- - Ce ne sera plus aussi dur, annonçai-je, satisfait.
----- - Est-ce que ça l'a été ?
----- - Pas autant que je l'aurais cru. Et pour toi ?
----- - Non. Pour moi... non.

Son inflexion me fit sourire. Bien sur, pour elle ce contacte avait été plus facile qu'à moi-même dans le sens où elle n'était pas un vampire attiré d'une manière aussi intense par le sang qui battait dans le cou de l'être aimé. Mais ma question concernait surtout le contacte de ma peau sur la sienne. Elle détestait le froid, et c'est exactement ce que j'étais. Pourtant elle parut sincère pour me répondre, ce qui me réjouit. Et pour lui prouver qu'elle avait le pouvoir de me changer, je voulais qu'elle sente qu'elle avait réussit à me réchauffer la joue.

----- - Tiens, dis-je en prenant sa main pour la placer contre ma joue. Tu sens comme elle s'est réchauffée ?

Elle ne s'attarda cependant pas longtemps sur ma joue tiédis, et préféra parcourir mon visage de ses doigts.

----- - Reste tranquille, m'ordonna-t-elle à son tour. Je me fis alors de marbre pour la laisser partir à la découverte de mes traits.

Sa progression ce fit encore plus lente que la mienne. Elle caressa ma joue, effleura mes paupières closes, passant sur le contour de mes cernes. Elle descendit ensuite en suivant le tracé de mon nez, puis son geste ce fit plus hésitant à la bordure de mes lèvres. Je ressentais des picotements dans la nuque, j'avais l'impression qu'une envolée de papillons se trouvait dans mon ventre. Etait-ce normal pour un vampire d'être au bord de l'évanouissement ? La tête me tournait, je voulais la serrer dans mes bras, la garder tout contre moi pour l'éternité. Et ses doigts... avec leur arôme, attisa le brasier de ma gorge... ma bouche s'entrouvrit malgré moi, pour goûter à son parfum. Aussitôt, elle retira sa main, et se recula. Je rouvris les yeux, et son pouls s'accéléra encore une fois.

----- - J'aimerais tant, murmurai-je, j'aimerais tant que tu sentes la... complexité... la confusion... que j'éprouve. Que tu comprennes. D'un geste, je repoussai ses cheveux pour mieux admirer son visage parfait.
----- - Explique-moi, souffla-t-elle.
----- - Je ne pense pas y parvenir. Je t'ai déjà dit, d'un côté, la faim... la soif... que, déplorable créature, je ressens pour toi. Je crois que tu saisis ça, jusqu'à un certain point. Mais, comme tu n'es pas accro à une substance illégale quelconque, ton empathie ne peut être complète. D'autres faims me dévorent, cependant. Des pulsions qui m'échappent, même à moi. Qui me sont étrangères.
----- - Tout ça m'est beaucoup plus familier que tu ne le penses.
----- - Je ne suis pas habitué aux émotions humaines. Est-ce toujours ainsi ?
----- - Pour moi ? Non, c'est la première fois.

Je pris ses mains frêles dans l'étau des miennes, pour me donner plus de courage.

----- - J'ignore comment être proche de toi, reconnus-je. Je ne suis pas sûr de le pouvoir.

Elle verrouilla ses yeux dans les miens, se pencha en avant avec une prudence, et plaça sa joue contre mon torse. Une fois de plus la tête me tourna. Que m'arrivait-il à la fin ? Cela devenait vraiment déconcertant.

----- - Cela me suffit, chuchota-t-elle en fermant les paupières.

J'eus alors l'impression d'avoir de vieux réflexes en moi qui ne demandait qu'à s'exprimer. Un peu réticent au début, de peur de voir s'exprimer des réflexes de vampire, je laissais ensuite parler mon c½ur, comprenant qu'il s'agissait en faite de réflexe humain enfouis sous le poids des années. Je l'enlaçais et plongeai mon visage dans ses cheveux, ayant le parfum du paradis.

----- - Tu te débrouilles bien mieux que ce que tu prétends.
----- - Je conserve de très vieux instincts. Ils sont peut-être enfouis très profondément, mais ils existent.

Nous restâmes collés l'un à l'autre un autre long moment. Je ne voulais rompre notre étreinte pour rien au monde, et je sentais que de son côté, elle était incapable de bouger. Les heures passaient, la lumière faiblissait, mais cela n'affectait en rien ma vue. Je voulais que le temps s'arrête pour nous laisser le temps de profiter l'un de l'autre. Elle soupira, et je savais qu'il était temps pour elle de rentrer. Elle devait sans doute commencer à angoisser pour le trajet du retour. Elle avait déjà eu du mal à venir jusqu'ici, mais maintenant qu'il faisait presque nuit, son appréhension était justifiée.

----- - Tu dois rentrer.
----- - Je croyais que tu ne pouvais pas lire dans mes pensées.
----- - Elles me deviennent de plus en plus claires.

Je l'attrapais d'un mouvement vif par les épaules, une idée m'étais venues, et je brulais de voir sa réaction.

----- - Puis-je te montrer quelque chose ?
----- - Quoi ?
----- - Comment je me déplace dans les bois. Elle eu l'air soudain inquiète par mes propos. Ne t'inquiète pas, m'empressais-je de préciser. Tu n'as rien à craindre et nous serons à la camionnette drôlement plus vite.

Je lui servis alors mon plus beau sourire pour effacer tout ses doutes, et son c½ur eut un raté des plus attendrissants.

----- - Tu vas te transformer en chauve-souris ? S'enquit-elle d'un air peu rassurée.

Je fus tellement surpris par sa question, que je partis d'un éclat de rire mémorable ! Comment pouvait-elle encore croire à toutes les fables que l'on raconte sur les vampires en me côtoyant si souvent ?

----- - Celle-là, ce n'est pas la première fois qu'on me la sert.
----- - Tu parles ! Comme si les gens osaient.
----- - Allez, trouillarde, grimpe sur mon dos.

Elle ne me prit pas tout de suite au sérieux, ce qui m'amusa beaucoup. Elle devait sans penser que j'y faisais une mauvaise plaisanterie. Je tendis alors la main pour l'encourager, et son rythme cardiaque qui avait tant de mal à se stabiliser, s'affola une fois de plus, au grand bonheur de mes oreilles. Je l'aidais ensuite à s'installer sur mon dos, je fixais fermement ses bras et jambes autours de moi.

----- - Je pèse un peu plus que le sac à dos moyen.

Pour moi, elle ne pesait pas plus lourd qu'une plume. Je balayais alors d'un revers de la main insouciant sa remarque. J'étais beaucoup trop heureux pour me soucier de quoi que ce soit. J'étais d'autant plus heureux, que je me sentais assez fort pour ne plus représenter un danger constant pour Bella. Je sentais que la brûlure de ma gorge était de plus en plus supportable. Je voulus me le prouver. Je pris sa paume, et la pressa contre mon nez, et inspira profondément. Le brasier de ma gorge ne s'attisa pas d'avantage. J'étais fier de moi, et beaucoup plus confiant qu'au début de la journée. J'étais maintenant sûr et certain que la vision d'Alice ne se réalisera jamais.

----- - De plus en plus facile.

Sur ces mots, je me mis à courir. Mon état de plénitude me faisait presque courir plus vite qu'à l'ordinaire, et quand je m'en rendis compte, je ralentis légèrement. Je me sentais tellement bien que je faisais perdurer ce moment, le plus longtemps possible. La chaleur qu'elle dégageait sur mon dos était agréable, et me procurais des frissons de plaisir. Sa chaleur se diffusait le long de mon dos, et sur ma gorge. Son parfum me submergea avec la force du vent, me procurant par ce fait des picotements dans la poitrine, et le désir de toucher sa peau encore. Mais y toucher seulement ne me paraissait pas assez fort pour combler mon désir. Je voulais goûter sa peau, son parfum, je voulais poser ma langue sur sa peau, elle m'avait complètement envouté. Jamais je ne me serrais permis de telles pensées ce matin encore. La remarque de Jessica me revint une fois encore en mémoire. Un baiser. Cela serait surement assez fort pour répondre à ce désir inconnu qui me parcourait le corps. Mais aurais-je la force de reculer si la passion m'emportait ? J'inspirais encore son odeur, la laissant m'imprégner complètement, mais ma gorge ne protesta pas. Oui, je serais assez fort pour ne pas la blesser, ou pour reculer si je franchissais les limites. Enjoué par cette nouvelle perceptive, j'accélérais sur les derniers mètres, et en quelques minutes à peine, nous avions rejoint la camionnette.

----- - Génial, hein ? M'exclamai-je hilare, attendant sa réaction. Elle ne me répondit pas, seuls les battements de son c½ur attestaient de sa présence.

----- - Bella ? Demandai-je alors, sentant l'anxiété m'envahir après mon euphorie.
----- - J'ai besoin de m'allonger, je crois.
----- - Oh, navré. Je me rendais compte à présent que les humaines n'avaient pas pour habitude de se déplacer couramment à une vitesse aussi extrême. Je patientais, mais elle ne bougea pas d'un pouce.
----- - J'ai aussi besoin d'aide, avoua-t-elle enfin.

J'étouffais alors un rire, rassuré. J'avais été trop rapide pour elle, rien de plus. Je délaçai doucement ses mains agrippées autours de mon cou, la fit glisser dans mes bras. Je la contemplais un instant avant de la déposer sur un lit de fougères. Elle avait vraiment mauvaise mine, la culpabilité m'assaillit.

----- - Comment te sens-tu ?
----- - Nauséeuse.
----- - Mets ta tête entre tes genoux.

Carlisle m'avait appris que cela apaisait la nausée des humains. Elle m'obéit, en respirant lentement. Je m'assis alors près d'elle, et au bout de quelques minutes, elle releva la tête. Sa pâleur était impressionnante. Son regard était celui d'une personne malade, pas tant que la fois où elle avait fait un malaise lors du test sanguin, mais plutôt comme si elle venait de faire 3 tours de ces manèges à sensations fortes très prisés par les humains ayant l'esprit d'aventure. Ce qui était le contraire de Bella. La culpabilité grandissait en moi, je savais que Bella n'était pas comme tous les jeunes de son âge, elle était plus fragile, et moi je venais de lui faire faire l'équivalant de 3 tours de grand huit ! Quel imbécile !

----- - Ce n'était pas une très bonne idée, murmurai-je penaud.
----- - Au contraire, c'était une expérience très intéressante, tenta-t-elle de me rassurer d'une voix faiblarde et peu convaincante.

Là, je retrouvais ma Bella. Même au bord de l'évanouissement, elle trouvait le moyen de me rassurer.

----- - Ha ! Tu es blanche comme un linge... pire, même. Comme moi !

Je voulais effacer cette image de mon esprit, jamais elle ne deviendrait comme moi, je sais maintenant que je serais assez fort pour m'y opposer et prendre la bonne décision en temps voulut. Je chassais alors ces vilaines pensées de mon esprit pour ne plus penser qu'à l'instant présent, ce que j'allais faire...

----- - J'aurais dû fermer les yeux.
----- - Rappelle-t'en, la prochaine fois. Elle me facilitait les choses en prenant les choses à la légère.
----- - Pardon ?

Je m'esclaffais de son air outré, elle était tellement charmante, même ainsi, pâle et fragile, elle était d'une beauté rare.

----- - Frimeur, ronchonna-t-elle.
----- - Regarde moi, Bella, chuchotai-je.

Nos visages étaient très proche l'un de l'autre, son c½ur s'emballa de plus belle, ce qui me donna du courage.

----- - En chemin, je réfléchissais...
----- - A la meilleur façon d'éviter les arbres, j'espère.
----- - Petite sotte. Courir est une deuxième nature chez moi. Je n'ai pas besoin d'y penser.
----- - Frimeur.
----- - Non, enchaînai-je, hors de question qu'elle me déconcentre. Je réfléchissais à un truc que j'en envie d'essayer.

Sur ce, je pris son doux visage entre mes mains en coupe. Elle s'arrêta de respirer. Faire la même chose, n'aurait rien changé pour moi, j'étais trop imprégné de son odeur. Je m'approchais doucement, inspirant prudemment, je n'avais pas le droit à l'erreur, un seul faux pas aurait été fatal à Bella. Elle n'écourta pas mon hésitation, consciente des risques qu'elle prenait. Son haleine le chatouilla le visage, mais je restais maître de mes émotions. Je sentais que j'étais capable de l'embrasser sans lui faire de mal. J'en avais la force, ou du moins, j'avais la force de fuir au cas où mes émotions deviendraient trop fortes. Je contrôlais ma soif, ma force, ma volonté, mon plaisir...

Mes lèvres touchèrent enfin les siennes. Une multitude de sensations m'envahit. Ses lèvres, douces, chaudes, parfumées, contrastaient avec la dureté et la froideur des miennes. Mais tout ceci n'avait aucune importance. J'étais en train d'embrasser Bella, et je contrôlais tous les dangers de ma personnalité. Ce baiser m'envoya directement au paradis. Jamais je n'avais ressenti autant de bonheur. Je sentais la passion monter en moi, la tête me tourna, je sentais le pouls de Bella s'accélérer, sa température avait sensiblement augmenté, et je mis une seconde de trop pour comprendre.

Son souffle devient heurté, ses doigts s'agrippèrent à mes cheveux, se collant encore plus contre moi, ses lèvres s'ouvrirent, elle en voulait plus. Théoriquement, je n'étais pas contre. Mais je goutis son haleine sur ma langue, mes instincts se réveillèrent. Je voulais faire écho à sa passion, la serrer contre moi, passer ma main dans ses cheveux, puis la laisser glisser dans le creux de son dos, et l'autre sur sa nuque recouverte d'un mince film de sueur brûlante. Sa soif était plus vive que jamais...

Un éclair de lucidité me frappa, je me rendais compte alors du cheminement de mes pensées. Je me raidis aussitôt. A contre c½ur, je la repoussais pour freiner ses ardeurs. Elle rouvrit les yeux, et je vis dans le reflet de ses prunelles chocolat, mon regard tendu par la soif. Je n'eu cependant pas la force de relâcher son visage.

----- - Oups !
----- - Comme tu dis.
----- - Dois-je..., elle tentât de s'éloigner, mais je ne pouvais pas la lâcher. Ce moment d'intimité m'avais réellement troublé, mais je ne voulais pas perdre le contacte de sa peau.
----- - Non, c'est supportable. Une minute s'il te plaît.

Avec un peu de recule, il est vrai que ma soif s'apaisait d'elle-même. Finalement, j'étais plutôt fier de moi. J'avais réussis à surmonter ma soif, ma passion dévorante, mes instincts vampiriques... j'étais gagnant sur tous les tableaux. Mais je n'aurais pas tenté le diable en retentant l'expérience de suite. Elle me contempla, et lorsque je sentis que tous dangers était écarté, je lui souris.

----- - Et voilà, annonçais-je fièrement.
----- - Supportable ?
----- - Je suis plus fort que je ne le pensais. Ça fait plaisir de l'apprendre.
----- - J'aimerais pouvoir en dire autant de moi-même. Navrée.
----- - Je te pardonne. Tu n'es qu'une humaine, après tout.
----- - Merci du compliment.

Je me relevais, et lui tendis la main pour l'aider. Je n'étais pas encore prêt pour rompre le contacte avec sa peau. Elle sembla surprise de mon geste. Il est vrai que d'habitude, j'évite au maximum les contacts avec sa peau pour lui être plus agréable, mais là, c'était physiquement impossible. Elle tituba, je ne pus m'empêcher de penser que mon baiser y était pour quelque chose.

----- - C'est encore la course ou dois-je le mettre sur le compte de mon habileté à embrasser ?
----- - Un peu des deux j'imagine.
----- - Mieux vaut que je prenne le volant, alors.
----- - Ça va pas la tête ?
----- - Je conduis mieux que toi dans tes meilleurs jours, raillai-je. Tes réflexes sont si lents !
----- - J'en suis convaincue, mais ni mes nerfs ni ma camionnette n'y résisteront.
----- - Fais-moi confiance, Bella, s'il te plaît.
----- - Pas question.

Incrédule, je levais les sourcils. Aussi adorable soi-t-elle, je n'aurais pas supporté de faire le trajet du retour avec elle au volant. L'idée même m'exaspérait. Je n'avais cependant pas dis mon dernier mot. Elle me contourna, pour se diriger vers la portière conducteur. Je fis alors passer mon bras autour de sa taille, et l'emprisonna contre moi. Je profitais encore ainsi de la merveilleuse texture de sa peau.

----- - Bella, j'ai dépensé beaucoup d'énergie pour te garder en vie aujourd'hui. Je n'ai pas l'intention de te laisser conduire alors que tu n'arrives même pas à marcher droit. Et puis, tu t'es vue quand t'as bu ? Plaisantais-je.
----- - Bu, moi ? protesta-t-elle en humant discrètement l'arôme de mon torse.
----- - Ma seule présence t'intoxique.
----- - Voilà un argument que je ne peux guère réfuter, soupira-t-elle.

J'avais gagné !
A travers cette discussion, je venais de me rendre compte, à quel point elle était déstabilisée par ma présence. Tout en étant flatteur, cela me permis de comprendre, qu'elle pouvait aussi ressentir cette sensation de dépendance (en beaucoup moins puissant, certes) qui ne me quittait pas.
Elle me tendit les clés, en me donnant un dernier avertissement.

----- - Vas-y doucement, ma voiture est une dame du troisième âge.
----- - Très juste.
----- - Et toi, tu n'es pas affecté par ma présence ?

Je le suis bien plus que tu ne le crois. Rien n'est comparable à sa beauté, sa douceur, sa fragrance, tout en elle était une addiction pour moi. Je la savourais encore une fois, conscient que l'occasion ne se représenterait peut-être pas de sitôt. Mes lèvres effleuraient sa mâchoire, son oreille, son menton en plusieurs fois, sans que je ne m'en lasse. J'écoutais le rythme irrégulier des battements de son c½ur, sentant sa chaleur envelopper mon visage, j'étais le plus heureux des vampires, et le plus heureux des hommes. L'arôme alléchant qui se dégageait de son cou me donnait des vertiges. De nous deux, le plus affecté par l'autre, était sans conteste moi !

----- - Quand bien même se serait le cas, murmurai-je, il n'en reste pas moins que j'ai de meilleur réflexes

Je n'allais pas lui avouer la vérité pour qu'elle me reproche d'avoir gagné déloyalement. J'étais certes plus affecté, mais j'étais plus apte qu'elle à interagir avec mes sentiments et mes responsabilités en même temps.

[Conduire à la vitesse indiquée par les panneaux me demandait un effort surhumain ! J'avais l'impression d'être un escargot. Mais je ne pouvais pas faire mieux avec son antique Chevrolet ! Et elle semblait heureuse, ce qui me réconfortait. Je ne pouvais physiquement plus la lâcher, ainsi, j'avais une main sur le volant (pour ne pas lui faire peur) et une main dans la sienne. Je prêtais peu attention à la route, je la connaissais par c½ur. Je pouvais donc admirer le coucher du soleil en compagnie de mon soleil personnel. J'admirais ses cheveux qui voletaient par la fenêtre ouverte, les reflets du soleil sur eux produisaient une merveilleuse couleur cuivrée. Elle était encore plus belle que d'habitude. Nos doigts, toujours entremêlés, me procuraient une sensation rassurante.

J'avais réglé la radio sur ma fréquence favorite, celle qui diffusait des tubes des années cinquante. J'aimais beaucoup ces chansons, et j'en connaissais chaque parole.

----- - Tu aimes la musique des années cinquante ? me demanda-t-elle.
----- - Elle était très bonne, à l'époque. Bien meilleure que celle des deux décennies qui ont suivi. Pouah ! Au moins, c'est redevenu supportable à partir des années quatre-vingt.
----- - M'avoueras-tu jamais ton âge ?
----- - C'est tellement important ? Rigolais-je.
----- - Non, mais je ne peux m'empêcher de m'interroger... rien de tel qu'un mystère non résolu pour me donner des insomnies.

Me verrait-elle différemment si elle connaissait mon âge ? Connaissait mon histoire ? Ma rencontre avec Carlisle me revient alors en mémoire. Ce n'était pas un souvenir aussi précis que ceux que j'avais depuis ma transformation, quand on devient vampire, la mémoire humaine s'efface en partie, et les images que l'on en garde, sont beaucoup moins nettes. Elle semblait s'impatienter. D'ordinaire, c'était moi qui avais ce rôle. Je lui devais bien ça... je suis toujours en train de vouloir connaître la moindre de ses pensées... je peux bien lui raconter mon histoire...mais supporterait-elle un choc supplémentaire ? Je ne lui avais rien épargné aujourd'hui !

----- - Fais-moi un peu confiance, murmura-t-elle.

Je soupirais... elle avait raison, la confiance devait être réciproque entre nous. Je plongeais alors mes yeux dans les siens pour me donner du courage. Je vis dans ses yeux chocolat une confiance absolue en moi, que je ne pouvais pas décevoir. Je me tournais alors vers le soleil couchant, d'une part pour la rassurer sur ma conduite, et d'autre part, pour lui laisser assimiler mon histoire tranquillement.

Je commençais mon récit par ma naissance. C'était ce qu'elle désirait savoir en premier. Elle resta impassible au fait que j'étais né à Chicago en 1901, elle attendait la suite.

----- - Carlisle m'a trouvé au fond d'un hôpital à l'été 1918, j'avais dix-sept ans et j'étais en train de mourir de la grippe espagnole. Je n'en garde pas un souvenir très net. C'était il y a longtemps, et notre mémoire humaine s'estompe... en revanche, je me rappelle bien ce que j'ai éprouvé quand Carlisle m'a sauvé. Ce n'est pas une étape facile qu'on oublie.

Un instant, je craignis en avoir trop dit, mais heureusement, elle ne rebondit pas sur ce sujet.

----- - Et tes parents ?
----- - La maladie les avait déjà emportés. Je n'avais personne. C'est pourquoi il m'a choisi, d'ailleurs. Dans le chaos de l'épidémie, qui s'apercevrait que j'avais disparut ?
----- - Comment t'a-t-il... sauvé ?

Elle venait de poser la question que je voulais éviter ! il fallait cependant que je lui réponde, même si j'aurais préféré gardé le silence... cependant, sa présence avait le don de m'apaiser, et c'est d'ailleurs pour cette raison que je lui en disais souvent plus que ce que je ne le voulais.

----- - ça n'a pas été simple. Rares sont ceux dotés de la retenue nécessaire. Mais Carlisle a toujours été le plus humain, le plus compatissant de nous tous... à mon avis, il n'a pas d'équivalent dans l'histoire. Pour moi, ça a juste été très, très douloureux.

Je ne voulais pas en dire plus sur ma transformation... je ne voulais pas lui donner d'idées... je n'oubliais pas qu'Alice l'avait vu transformé dans le futur... mais je voyais à ses yeux, que sa curiosité été loin d'être satisfaite ! Je l'embarquais alors volontairement loin du processus de transformation en vampire, pour lui expliquer le geste de Carlisle.

----- - Il a agi pas solitude. C'est en général la raison qui préside cette décision. J'ai été le premier membre de sa famille, même s'il a trouvé Esmée peu après. Elle était tombée d'une falaise. Ils l'ont transporté aussitôt à la morgue de l'hôpital, bien que, par miracle, son c½ur battît encore.
----- - Il faut donc être à l'agonie pour devenir un...
----- - Pas forcément. C'est juste Carlisle. Il n'imposerait jamais ce choix à qui aurait une autre solution.

Elle m'avait ramené malgré moi sur le sujet sensible... mais je voulais me rassurer, en me disant que jamais une telle idée ne lui traverserait l'esprit. Et au cas où, pour l'en dissuader, j'accentuais bien le fait que la dureté de l'épreuve était incomparable. J'en avais d'ailleurs un souvenir assez vif.

----- - Il dit cependant que c'est plus facile quand le sang est faible, ajoutais-je.

Pour clore le sujet, je fis mine de me concentrer sur la route. Bien que l'obscurité fût tombée, je voyais comme en plein jour.

----- - Et Emmett et Rosalie ?
----- - Rosalie a été la troisième. Ce n'est que bien plus tard que j'ai compris qu'il avait espéré qu'elle serait pour moi ce qu'Esmée était pour lui. (J'en levais les yeux au ciel ! m'imaginer en couple avec Rose était risible !) Mais je ne l'ai jamais considérée que comme une s½ur. Deux ans après, elle a ramené Emmett. Elle chassait, nous habitions les Appalaches à l'époque, et elle est tombée sur un ours qui s'apprêtait à l'achever. Elle l'a porté sur plus de cent cinquante kilomètres pour le confier à Carlisle, parce qu'elle avait peur de ne pas y arriver elle-même. Je commence aujourd'hui seulement à me rendre compte combien ce voyage a dû être éprouvant pour elle.

Je repensais au jour où les pensées de Mike m'avaient affolée en voyant Bella tourner de l'½il à cause du test sanguin. Et j'essayais de multiplier ce sentiment d'angoisse par 100. Je me tournais alors vers ses prunelles tendres pour chasser cette impression de malaise. Je levais nos mains entrelacées, et effleurais sa joue.

----- - Et pourtant, dit-elle en détournant son regard, elle l'a accompli.
----- - Oui, chuchotais-je. Quelque chose chez Emmett lui en a donné la force. Ils sont ensemble depuis. Quelquefois, ils vont vivre ailleurs, en couple. Sauf que plus nous prétendons être jeunes, plus il nous est aisé de nous fondre dans un environnement. Forks nous ayant semblé idéal, nous nous sommes tous inscrits au lycée. (Le nombre de lycée que nous ayons fréquenté était tellement impressionnant que j'en ris !). J'imagine que, d'ici quelques années, nous serons bons pour célébrer une nouvelle fois leur mariage.
----- - Alice et Jasper ?
----- - Tous deux sont des créatures extrêmement rares. Ils ont développé leur conscience, comme nous l'appelons, seuls, sans avoir été guidés par quiconque. Jasper appartenait à une autre... famille, très différente. (Ce n'était pas vraiment une famille, mais un clan. Mais je n'avais pas envie de rentrer dans ce genre de détail ce soir avec elle. Et je ne pensais pas qu'elle était prête à entendre ce genre de récit.) Dépressif, il en est parti. C'est Alice qui l'a trouvé. Comme moi, elle possède certains dons qui dépassent ceux dont notre espèce est normalement dotée.
----- - Ah bon ? Je croyais que tu étais le seul à pouvoir lire dans les pensées des gens ?
----- - Alice a d'autres talents. Elle voit. Ce qui risque d'arriver, ce qui va arriver. Mais c'est très subjectif. Le futur n'est pas gravé dans le marbre. Les évènements sont susceptibles d'évoluer au dernier moment.

Ma mâchoire se crispa et mes yeux se posèrent sur elle instinctivement. Elle en était la preuve vivante. Les visions d'Alice l'avaient vu morte. Soit tuée par moi, ou transformée en vampire. Et Dieu merci, il ne lui était rien arrivé de tous ça, et je veillerais à ce que les choses ne changent pas !

----- - Quel genre de choses voit-elle ?
----- - Jasper, par exemple. Elle a su qu'il la cherchait avant même qu'il ne s'en doute lui-même. Elle a aussi vu Carlisle et notre famille. Alors, ils nous ont rejoints tous les deux. Elle est particulièrement sensible aux non-humains. Ainsi, elle sait toujours quand d'autres individus de notre espèce approchent. Et s'ils représentent une menace.
----- - Et... vous êtes nombreux ? Balbutia-t-elle, ébahie pour de bon cette fois.
----- - Non, pas tant que ça. La majorité ne parvient pas à se stabiliser. Seul ceux qui, comme nous, ont renoncé à chasser les humains sont capables de vivre avec eux pendant un certain temps. Nous ne connaissons qu'un seul autre groupe comme le nôtre, dans un petit village de l'Alaska. Nous avons vécu ensemble pendant quelques temps, mais nous étions si nombreux que nous avons fini par éveiller les soupçons.
----- - Et ceux qui... sont différents de vous ?
----- - Des nomades pour la plupart. Nous avons tous connu ça, à un moment ou à un autre de notre existence. Comme tout, c'est une vie dont on finit par se lasser. Il arrive que nous en croisions, parce que, en général, les nôtres préfèrent le Nord.
----- - Pourquoi ?

Sa question provoqua un rire intérieur. N'avait-elle rien remarqué de choquant chez moi ? Comment arrivait-elle à être aveugle à ce point me concernant ? Je pris une seconde avant de répondre, pour calmer mon rire et ne pas la vexer. Après tout, nous étions entrain de nous faire des confidences... enfin plutôt moi. Nous étions dans l'obscurité de sa voiture, garée devant chez elle, sans aucunes lumières pour rompre notre intimité... et je ne voulais perdre aucune seconde de cet instant partagé avec elle, avant que Charlie ne rentre.

----- - Tu n'as donc rien remarqué, cet après-midi ? Tu crois que je pourrais arpenter des rues ensoleillées sans provoquer d'accidents ? Si nous avons choisi de nous établir dans la péninsule d'Olympic, un des endroits les plus humides du monde, il y a une bonne raison. Il est tellement agréable de sortir en plein jour. Tu n'imagines pas à quel point on se lasse de la nuit, à cent ans et quelques.

Toutefois, mes nuits devenaient de plus en plus agréable ces derniers temps... la regarder dormir était devenu mon passe temps favoris.
Même baigné dans l'obscurité d'une nuit sans lune, je pouvais distinguer chaque détail de son doux visage. Eblouis par sa beauté, mon cerveau se mis à divagué tout seul, prétextant que même la lune n'avait pas osé se montrer face à tant d'éclat.

----- - C'est de là que son nées les légendes ?
----- - Sans doute.
----- - Et Alice, elle vient d'une autre famille, comme Jasper ?
----- - Non. Ce qui représente un vrai mystère, d'ailleurs. Elle n'a aucun souvenir de sa vie d'avant. Elle ne sait pas non plus qui l'a créée. Elle s'est réveillée seule. Celui qui l'avait façonnée avait disparu, et aucun d'entre nous ne comprend ni pourquoi ni comment. Si elle n'avait eu son don, si elle n'avait pas vu Jasper et Carlisle, elle serait probablement devenue une vraie sauvageonne.

Cette journée avait été très riche autant pour elle que pour moi... je n'oubliais pas cependant qu'elle était humaine, et qu'elle venait d'assimiler énormément d'information, et de mon point de vue, elle en savait suffisamment pour le moment. Je décidais alors de ne pas relancer le sujet. Et comme pour me conforté dans mon choix, son estomac se mit à grogner.
Comment avais-je fais pour oublier une chose aussi essentielle pour elle ? Elle était humaine et par conséquent elle avait besoin de trois repas quotidien, contrairement à moi !

----- - Je t'empêche d'aller dîner, m'excusai-je.
----- - Ne t'inquiète pas pour moi.
----- - C'est la première fois que je passe autant de temps en compagnie de quelqu'un qui a besoin de se nourrir. J'avais oublié.
----- - Je n'ai pas envie que tu partes. S'empressa-t-elle de dire. Et à vrai dire, je n'en avais aucune envie.
----- - Tu m'inviterais à entrer ?

Nous pourrions alors rester ensemble plus longtemps, tout en répondant à l'appel de son estomac. Je m'en voulais déjà de ne pas lui avoir permit de se nourrir plus tôt, ainsi c'était un moyen de me rattraper.

----- - Ça te plairait ?
----- - Oui, si ça ne te pose pas de problème.

Cette fois je pris les devants en douceur. Pour me rattraper d'avoir été la cause de son malaise au retour de la clairière, j'allais me comporter en parfait gentleman humain. Je sortis de la voiture, et à une vitesse vampirique, pour ne pas lui laisser le temps de me doubler, je lui ouvris la portière.

----- - Voilà qui est très humain, me complimenta-t-elle.
----- - C'est en train de revenir, aucun doute.

Je l'accompagnais jusqu'au perron, elle ne pus s'empêcher de vérifier si j'étais toujours à ces côtés. Que craignait-elle ? Que je me sauve en la laissant seule devant sa porte ? Jamais je ne ferais une chose pareille ! Son c½ur s'emballait à chaque fois qu'elle posait les yeux sur moi... je ne m'en lasserais jamais. La noirceur de la nuit, n'avait aucun effet sur sa beauté, elle continuait de m'éblouir. Pour continuer sur mon côté gentleman, j'atteignis la porte avant elle, et la déverrouillait si vite, qu'elle ne vit rien. Elle parut alors choquée en me voyant lui ouvrir la porte.

----- - Le verrou n'était pas tiré ?
----- - Si. J'ai utilisé la clé cachée sous l'avant-toit.

Elle entra, alluma la lampe du porche et se retourna vers moi. Une lueur dans ses yeux me fit comprendre qu'elle me soupçonnait de lui cacher quelque chose...


Oriane Cléry
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#Posté le dimanche 02 août 2009 10:02

Modifié le samedi 24 octobre 2009 10:35

Chapitre 16 : Révélation

Première partie

Mes années d'expérience, et mon talent particulier, faisaient que j'étais passé maître dans l'art du mensonge et de la dissimulation. Mais pour une raison que j'ignore, Bella était une des rares personnes à pouvoir déceler mes mensonges. Cette fille était vraiment hors du commun, non seulement je ne pouvais pas lire en elle, mais elle pouvait détecter quand je dissimulais la vérité. Cette situation était vraiment déstabilisante pour quelqu'un qui a l'habitude de connaître les moindres pensées de chacun.

J'avais conscience d'en avoir trop dit. Et en cet instant, elle se doutait à juste titre que je lui cacher quelque chose. En effet, comment quelqu'un qui était censé n'avoir jamais mis les pieds chez elle, pouvait connaître la cachette de la clé ?

Après l'après-midi que nous venions de passé, je ne pensais pas prendre beaucoup de risque en lui avouant que ce n'était pas la première fois que je pénétrais chez elle. Elle serait en colère, du moins en apparence, mais elle ne le restera pas plus de quelques minutes.

Ses yeux magnifiques yeux brillant attendaient une explication. Je savais exactement les mots que j'allais prononcer pour qu'elle devine d'elle-même.

----- - J'avais envie d'en apprendre plus sur toi.
----- - Tu m'as espionnée ? S'empressa-t-elle de conclure.

Comme je l'avais prédit, sa colère n'était qu'une façade. Elle allait me pardonner rapidement.

----- - A quoi occuper mes nuits, sinon ?

Pour toute réponse, elle m'ignora et se dirigea dans la cuisine. Je l'y devançais, et m'installais sur une chaise pour mieux l'observer. Elle se concentra plus que nécessaire sur la préparation de son diner. Elle voulait surement me cacher sa nervosité. Son énervement était adorable, on aurait dit un petit chaton outré. Elle mettait un point d'honneur à ne pas me regarder. Le masque qu'elle c'était fixé n'aurais pas tenu une seconde si nos regards s'étaient croisés, se qui m'amusa.

Peut-être étais-je trop sûre de moi ? Pourtant, ce que j'avais appris cet après-midi même pouvait me laisser penser que j'avais raison d'agir ainsi. Je savais qu'elle ne pouvait pas rester très longtemps en colère contre moi. Ma seule présence suffisait à lui faire tourner la tête. Et la voir s'énerver pour rien était à cet instant vraiment distrayant pour moi.

----- - C'est arrivé souvent ? demanda-t-elle fixant l'assiette dans le micro-onde, et me sortant de mes réflexions.
----- - Pardon ?
----- - Combien de fois es-tu venu ici ? demanda-t-elle refusant toujours de me regarder.
----- - Je te rends visite presque toutes les nuits, avouai-je. Et je constatais au même moment, qu'il était plus facile d'avouer ce genre de chose quand la personne concerné nous tourne le dos.
----- - Pourquoi ? S'exclama-t-elle en virevoltant avec grâce.
----- - Tu es très intéressante quand tu dors. Tu parles.
----- - Nom d'un chien !

Cette fois elle était gênée pour de bon. Je regrettais aussitôt d'en avoir trop dit. Elle s'agrippa au comptoir sous le choc, et piqua un fard, rendant ses joues irrésistibles. Je voulais tout de même m'assurer qu'elle ne m'en voulait pas trop.

----- - Tu es très en colère ? Demandais-je, ennuyé que ça puisse être le cas.
----- - Ça dépend !
----- - De quoi ?
----- - De ce que tu as entendu, tiens !

Ainsi, elle ne m'en voulait pas parce que j'avais pénétrer chaque nuit dans sa chambre sans autorisation, mais parce qu'elle avait peur que je puisse connaître ses vrais sentiments à mon égard. Et peut être aussi par peur du ridicule. Elle savait qu'elle parlait dans son sommeil, mais savoir que j'étais témoin de cette particularité la mettais mal à l'aise. Mon premier geste fut alors de la réconforter, et je fus à ses côtés immédiatement. Je pris ses mains dans les miennes avec douceur. Ses petites mains chaudes dans le creux des miennes froides et puissantes me firent prendre conscience de la délicatesse de la situation.

----- - Ne t'en fais pas, susurrai-je en plongeant mes yeux dans les siens. Elle détourna son regard, embarrassée. Craignait-elle que je pénètre son intimité une fois de plus ? Je devais donc lui dire ce que j'avais appris durant toutes ses nuits pour qu'elle puisse me faire confiance à nouveau. Ta mère te manque, tu t'inquiètes à son sujet. Et le bruit de la pluie t'énerve. Au début, tu parlais souvent de chez toi, là-bas, c'est moins le cas, à présent. Une fois, tu as dit : « C'est trop vert ! ».
----- - Quoi d'autre ? Insista-t-elle.
----- - Tu as prononcé mon prénom, admis-je. Je savais depuis le début que c'était cette réponse qu'elle appréhendait. Pourtant, il n'y avait aucune raison d'en avoir honte, ou d'être gênée. Mon plus grand regret était justement de ne pas pouvoir rêver d'elle.
----- - Beaucoup ? Soupira-t-elle.
----- - C'est combien pour toi, beaucoup ?
----- - Oh, non !

Elle baissa la tête. Je l'attirais alors tendrement vers moi, pour qu'elle se sente à l'aise. Je voulais la rassurer. Je voulais qu'elle comprenne qu'elle ne devrait jamais être gênée de me faire partager ses pensées. Je lui voulais lui dire une fois de plus tout ce que je ressentais pour elle, et toutes les raisons qui faisait qu'elle ne devait pas avoir honte de ses rêves, mais j'entendais déjà la voiture de Charlie approché. Je fis donc plus court que ce que j'aurais souhaité.

----- - Ne sois pas gênée, lui soufflais-je à l'oreille. Si je savais rêver, je ne rêverais que de toi. Et je n'en aurais pas honte.

Charlie était dans l'allée, les phares de sa voiture baignaient les fenêtres de lumières. Dès que Bella en eu conscience, elle se raidit. Je compris alors qu'elle n'était pas encore prête à me présenter à son père.

----- - Est-il nécessaire que ton père sache que je suis là ?
----- - Je n'en suis pas certaine...
----- - Une autre fois alors...

Je me faufilais alors à une vitesse vampirique dans l'escalier. Elle n'eut même pas le temps de me voir avec ses faibles yeux d'humaine.

----- - Edward ! Chuchota-t-elle.

Je perçu dans sa voix une tristesse. Pensait-elle vraiment que je partirais si vite ? Je ne pus retenir un rire, avant de m'installer dans sa chambre.

Charlie venait d'entrer.

----- - Bella ?
----- - Je suis ici.

C'était une occasion unique pour moi de partir à la découverte de sa chambre sans risquer de la réveiller, ou d'être attiré comme un aimant par sa délicieuse odeur. J'étais cependant partager entre ma curiosité d'explorer sa chambre et mon désir d'écouter la conversation qu'elle avait avec son père. Mais ce que je venais de déceler dans l'esprit de son père me décida.

----- - Tu es pressée ?
----- - Oui, je suis fatiguée. J'ai l'intention de me coucher tôt.
----- - Tu as l'air tendue.
----- - Vraiment ?

Son comportement inhabituel avait en effet mis la puce à l'oreille de son père. Il était cependant loin du compte. Bella n'avait aucunement l'intention de faire le mur le soir, elle était simplement désireuse de me retrouver dans sa chambre.

----- - On est samedi soir, commença Charlie. Pas de plan pour la soirée ? Insista-t-il.
----- - Non, papa. J'ai juste envie de dormir.

Elle était vraiment une mauvaise menteuse. Je retiens alors un rire.

----- - Les garçon du coin ne sont pas ton genre, hein ?
----- - Je n'en ai pas encore repéré un seul.
----- - Et ce Mike Newton ? Tu disais qu'il était sympa.

Dès que j'entendis le nom de Mike associé au sous entendus de son père, je ne pus m'empêcher de voir rouge. Je me calmais cependant rapidement en entendant la réponse de Bella.

----- - Ce n'est qu'un ami, papa. Dit-elle comme une évidence.
----- - De toute façon, tu vaux mieux qu'eux tous réunis. Tu auras tout le temps d'en chercher un à la fac.

J'étais d'accord avec Charlie sur le premier point. Elle valait mieux que tous les garçons de Forks réunis, moi y compris. Et pour ce qui était de l'autre point, je comprenais parfaitement le point de vue de Charlie. Pour un père qui élève seul sa fille, les premiers amours de celle-ci sont souvent durs à gérer. Charlie étant quelqu'un de peu expressif, il redoutait par-dessus tout, le jour où il faudrait consoler sa fille à cause d'un chagrin d'amour. Ou pire encore, si jamais elle avait la mauvaise idée de lui demander des conseils en amour.

----- - C'est ça, lança-t-elle en se dirigeant vers l'escalier.
----- - Bonne nuit, chérie.
----- - A demain.

Je l'entendis montée l'escalier d'un pas anormalement lourd. Pour qui était destinée cette mascarade ? Je me mis alors dans un coin sombre de sa chambre. Je la vis ensuite se précipité vers la fenêtre. Elle l'ouvrit en grand et scruta la pénombre.

----- - Edward ? Chuchota-t-elle.

Elle me cherchait alors qu'elle était passée a seulement quelques centimètre de moi. Elle n'avait pas sentis ma présence. Je m'allongeais alors confortablement sur son lit en étouffant un rire. Elle se retourna d'un bond en portant un poing à bouche pour étouffer un cri de terreur.


Deuxième partie


Son c½ur battait à une vitesse alarmante, même pour elle qui était habituée à avoir des frayeurs. Mais en y repensant, la plupart de ses frayeurs étaient causées par ma faute... j'eus alors un demi-remord, qui me passa aussi vite qu'elle se laissait tomber par terre pour reprendre ses esprits.

----- - Désolé, m'excusai-je en cachant mon amusement.
----- - Donne moi une minute, le temps que mon c½ur reparte.

J'eus alors pitié d'elle et de son c½ur. Je ne voulais pas qu'elle me fasse une attaque maintenant. L'égoïste que j'étais avait trop besoin de sa présence pour prendre un tel risque. Je m'assis alors le plus lentement possible, puis me penchai, et doucement je la soulevai pour l'installer près de moi.

----- - Là, murmurai-je en posant ma main sur la sienne. Comment va ton c½ur ?

Je lui demandais par politesse, mais je connaissais la réponse, et celle-ci m'amusait beaucoup. Nous attendîmes en silence que ce dernier s'apaise. Lorsque qu'il eut enfin retrouvé un rythme normal, je pensais pouvoir profiter d'elle quelques instants, mais elle me détrompa.

----- - M'accorderais-tu quelques instants d'humanité ?
----- - Mais certainement.
----- - N'en profite pas pour filer !
----- - A vos ordres, Madame.

Entendre la crainte de mon départ dans sa voix était vraiment une sensation extraordinaire. Elle ne voulait pas que je parte. Elle voulait que je reste avec elle, et c'est exactement ce que j'avais l'intention de faire. Et pour lui prouver ma bonne volonté, je me fis statue.

Elle s'empressa de se mettre debout, de prendre son pyjama et sa trousse de toilette, se dirigea dans la salle de bain où elle s'enferma. Mais une porte fermée n'était pas suffisant pour s'isoler avec mon ouïe. Ainsi, je pus l'entendre se laver les dents, d'un geste rapide qui me fit sourire. Elle se dépêchait pour me rejoindre. Elle prit sa douche, plus lentement que je l'aurais crue, puis se sécha avec plus d'empressement que nécessaire. Je l'entendis enfiler son pyjama, le frottement du tissu sur sa peau était un doux murmure pour mon oreille. J'entendis ensuite la brosse démêler ses magnifiques cheveux, je pouvais sentir d'ici leur parfum unique, masqué sous l'odeur de fraise du shampoing. Elle rangea toutes ses affaires de toilette, je m'attendais à la voir débouler la chambre et me sauter au cou... mais au lieu de sa, elle descendit au rez-de-chaussée d'un pas précipité. Que faisait-elle ?

----- - Bonne nuit, papa, dit-elle innocemment.
----- - Bonne nuit, Bella, répondit Charlie suspicieux. Pourquoi vient-elle me dire bonne nuit ainsi ? À cette heure surtout, d'habitude elle traine toujours un peu avant d'aller ce coucher.

Je ne pus en saisir d'avantage, ses pensées étaient trop floues. J'entendais les pas de Bella qui remontait en vitesse les marches, et apparus dans la chambre à mon plus grand bonheur. A sa vue je souris de plaisir. Elle portait en guise de pyjama un T-shirt et un pantalon de survêtement gris. Ces vêtements amples étaient exactement ce qui me fallait, ainsi, je ne voyais pas trop sa chair exquise. Ses cheveux en désordre et humide lui donnait l'allure d'une nageuse. Difficile de résister à son charme.

----- - Très jolie, commentai-je.

Pour toute réponse, elle m'adressa une grimace. Elle ne me croyait pas. Une fois de plus, elle sous-estimait l'effet qu'elle produisait en moi.

----- - Non, vraiment, ça te va très bien, insistai-je.
----- - Merci, finit-elle par admettre. Elle vient ensuite s'asseoir près de moi en tailleur.
----- - Pourquoi ce manège ? Lui demandai-je, voyant qu'elle ne semblait pas sur le point de me l'expliquer d'elle-même.
----- - Je soupçonne Charlie de croire que je vais m'éclipser en douce.
----- - Oh. Pourquoi ? Je ne me rappelais pas avoir entendu de telles pensées dans l'esprit de Charlie.
----- - Apparemment, il m'a trouvée un peu surexcitée.
----- - En fait, tu es toute rose, lui dis-je en lui prenant le menton dans ma paume.

Ses joues roses étaient un appel pour le vampire que j'étais. Mais ce n'était pas l'appel du sang qui me dominait, c'était plutôt un désir encore inconnu pour moi, un désir qui était plus proche de l'humain que du vampire... comment était-ce possible ? Je m'approchais alors de son visage, et collai ma joue glacée contre la sienne, agréablement chaude. Je la sentie se raidir. Elle voulait être parfaitement immobile pour me faciliter la tâche... elle était vraiment adorable.

----- - Mmm, soupirai-je d'aise. Et son c½ur s'accéléra doucement.
----- - Ça semble... beaucoup plus facile pour toi, maintenant, d'être en ma compagnie.
----- - C'est l'impression que je te donne ? Murmurai-je en glissant mon nez le long de sa mâchoire, histoire de la déstabiliser un peu plus.

Malheureusement, ses certitudes n'étaient qu'une impression, certes je m'habituais à son odeur, ce qui me permettait de mieux y résister, mais la brulure lancinante de ma gorge n'était pas moins intense pour autant. Seule ma concentration me permettait en quelque sorte de passer outre la douleur. Son parfum floral m'aurait fait frémir de plaisir si je ne contrôlais pas le moindre de mes soupires.

----- - Beaucoup, beaucoup plus facile, précisa-t-elle haletante.
----- - Mmm... Son souffle court éveilla de drôle de sensation dans le creux de mon estomac... des sensations oubliées... mais loin d'être désagréables... elle me faisait renaitre.
----- - Je me demandais... elle s'interrompit lorsque mes doigts glissèrent le long de sa clavicule, douce et fragile.
----- - Oui, dis-je dans un souffle pour l'encourager à poursuivre.
----- - Comment... ça se fait... à ton avis ?

Je ris dans son cou face à son incompréhension, il était normal qu'elle se pose la question... moi-même je me la posais... et la seule réponse possible était ma détermination à la garder en vie.

----- - On appelle ça la victoire de la raison sur la chair.

Soudain, elle recula et par instinct, je me figeais. Nous nous contemplâmes prudemment un moment, puis je me détendis, apparemment, il n'y avait aucun danger, aucune tension. Pourquoi avait-elle réagit ainsi ?

----- - Aurais-je mal agi ?
----- - Non... au contraire. Tu me rends folle.

Ainsi, je la rendais folle, voila qui était intéressant. Elle venait sans doute de saisir le sens de mon aveu. Si je peux contrôler mes instincts et mes pulsions à son contacte, nous pouvons donc nous voir plus souvent sans que le danger soit trop important. J'étais désormais sûr que je saurais partir avant de lui faire du mal. Partir temporairement bien entendu.

----- - Vraiment ? Lui répondis-je finalement d'un air enjoué, accompagné d'un sourire triomphant.
----- - Tu veux que je t'applaudisse ? Persifla-t-elle.
----- - Je suis agréablement surpris, c'est tout, me justifiai-je. En cent et quelques années, je n'aurais jamais imaginé quelque chose comme ça... rencontrer une personne avec laquelle j'aurais envie de me comporter... différemment d'avec mes frères et s½urs. Et découvrir, même si tout cela est encore nouveau pour moi, que je ne suis pas si nul... avec toi...
----- - Tu excelle dans tous les domaines.

Son c½ur ne démentait pas ses dires, je l'admis donc d'un haussement d'épaule, et nous rîmes sans bruit.

----- - Comment ça peut être déjà si aisé ? Persista-t-elle. Cet après-midi...
----- - Ça ne l'est pas. C'est juste que, tout à l'heure, j'étais...indécis. Désolé, je suis impardonnable de m'être comporter ainsi.
----- - Pardonné.
----- - Merci. Vois-tu, je n'étais pas sûr d'être assez fort. Et tant que subsistait la possibilité que je sois... dépassé, je suis resté... sur mes gardes. Jusqu'à ce que j'aie décidé que j'en étais capable, qu'il était impossible que... que jamais je ne...

Je ne pus finir ma phrase tellement les mots étaient dur à prononcer. Elle le comprit.

----- - Donc, il n'y a plus de risque ?
----- - La victoire de la raison sur la chair, répétai-je fièrement, en souriant de manière à ce que mes dents brillent dans le noir.
----- - Dis donc, c'était drôlement facile.

Je rejetai la tête en arrière et m'esclaffai en silence pour ne pas alarmer son père, mais ce fus de justesse. C'était vraiment loin d'être facile. Elle se fiait beaucoup trop aux apparences me concernant. Elle devrait être plus méfiante.

----- - Parle pour toi ! Rectifiai-je en effleurant son nez du bout de mes doigts. Je venais de remarquer que je ne pouvais plus prononcer une parole sans la toucher. Je repris alors mon sérieux. Je fais des efforts, continuai-je. Si ça devait devenir... trop dur, je suis presque sûr que j'arriverais à partir.

Elle fronça les sourcils, apparemment contrariée par cette possibilité. C'est bien ce que je craignais... elle était beaucoup trop confiante. Je voulais essayer de lui ouvrir les yeux, en vain.

----- - Et demain ne sera pas aussi aisé, continuai-je tant bien que mal. J'ai respiré ton odeur toute la journée, et j'y suis devenu moins sensible. Que je m'éloigne de toi pendant un moment et je devrais recommencer. Mais pas à zéro, me semble-t-il.
----- - Alors ne t'éloigne pas, répondit-elle simplement. Je m'en voulais de ressentir autant de plaisir à ces paroles. Je lui répondis alors sur le ton de la plaisanterie pour lui cacher mes véritables sentiments.
----- - D'accord ! Qu'on amène les fers, je serais ton prisonnier. Mais là encore, l'idée ne m'aurait pas déplu.

Je pris ses poignets dans mes mains fermement, en réalité, c'était elle qui était prisonnière de moi, de mon charme surnaturel. Et je ris une fois de plus devant son étonnement. Je n'avais sûrement jamais tant ris en une journée depuis que j'étais devenu vampire. Je n'avais même jamais tant ris !


Troisième partie


----- - Tu as l'air plus... optimiste que d'habitude.
----- - N'est-il pas censé en être ainsi ? Le bonheur des premières amours et tout le toutim. Incroyable, n'est-ce pas, cette différence entre lire quelque chose, le voir en peinture et l'expérimenter ?
----- - Très. Le vivre est plus puissant que je ne l'aurais imaginé.
----- - La jalousie, par exemple. J'ai lu des dizaines de milliers de page là-dessus, j'ai vu des acteurs la jouer dans des milliers de pièces et de films. Je croyais l'avoir plutôt bien comprise. Pourtant, elle m'a déstabilisé. Te souviens-tu du jour où Mike t'a invité au bal ?

Ce souvenir me fit grimacer. Vraiment je ne supportais pas ce gars. La façon qu'il avait de regarder Bella, de penser à elle me dégoutait. L'idée même qu'ils pourraient passer du temps ensemble me répugnait. J'étais certes très égoïste, mais je ne contrôlais pas cette partie de moi. Pourtant, il fallait que je me fasse une raison, un jour ou l'autre, Bella aimera un garçon comme Mike Newton, et elle se mariera avec lui. Tout ce que je ne peux lui offrir me torture... mais c'est le prix à payer pour vivre l'éternité.
Mes pensées allaient très vite, je parlais également très vite, mais cela ne sembla pas la déranger. Son regard était captivé par mon flot de parole, et j'en étais flatté... ou peut-être n'était-ce que de la concentration pour me suivre...

----- - Celui où tu as recommencé à m'adresser la parole.

Bien sur qu'elle se souvenait de ce jour... son addiction à moi était déjà malheureusement bien ancré en elle. Une part de moi était au paradis à cette pensée.

----- - J'ai été déconcerté par l'élan de colère, de furie presque, que j'ai ressenti et, d'abord, je ne l'ai pas identifié pour ce que c'était. J'ai été encore plus exaspéré que d'ordinaire de ne pas savoir ce que tu pensais ni pourquoi tu l'éconduisais. Etait-ce pour préserver ton amitié avec Jessica ? Ou parce qu'il y avait quelqu'un d'autre ? Je savais que, dans un cas comme dans l'autre, je n'avais aucun droit de m'en inquiéter, et j'ai vraiment essayé de rester indifférent. Puis il y a eu l'embouteillage.

Elle profita de l'obscurité pour me lancer un regard noir à l'évocation de se mauvais souvenir. Cet incident aurai certes pu nous séparer à jamais, et montrer ma vraie nature à tous les humains en mettant en même temps ma famille en danger, mais il m'a également permis de prendre conscience que Bella était quelqu'un de particulier pour moi.

----- - J'ai attendu, anxieux plus que de raison, d'entendre ce que tu allais leur dire, de voir tes réactions. J'admets que j'ai été très soulagé en constatant ton agacement. Pourtant, ça ne suffisait pas. Alors, cette nuit-là, pour la première fois, je suis venu ici. Pendant que tu dormais, je me suis débattu pour résoudre le conflit entre ce que je savais être bien, moral, et ce que je voulais. J'avais conscience que si je continuais à t'ignorer ou que si je m'en allais pour quelques années, jusqu'à ce que tu sois partie, tu finirais par dire oui à Mike ou à un type comme lui. Ça rendait malade et c'est là que, dans ton sommeil, tu as prononcé mon nom. Si clairement d'abord que j'ai cru t'avoir réveillée. Mais tu t'es retournée dans ton lit, l'as marmonné une deuxième fois, puis tu as soupiré. Dans un premier temps, j'en ai été ébranlé, ahuri. Puis j'ai compris que je ne pouvais te fuir plus longtemps.


Quatrième partie


Je m'interrompis un instant, pour lui laisser le temps d'assimiler ce que je venais de lui dire. Cette confession était douloureuse pour moi, mais elle était nécessaire pour nous deux. Elle me faisait part de ces pensées, il était juste qu'à mon tour je fasse de même. Cependant, ce mettre à nu ainsi devant celle que l'on aime n'est pas facile, et je sentais une angoisse irrationnelle s'emparer de moi. J'écoutais alors les battements de son c½ur, comme si ma vie en dépendait. Je me concentrais dessus avec une telle force, que les battements irrégulier me perçaient presque les tympans. Puis, mes peurs s'envolèrent et je continuais mon récit.

----- - La jalousie, est une chose étrange. Bien plus puissante que je ne le pensais. Et tellement irrationnelle ! Tiens, à l'instant, quand Charlie t'a questionnée sur l'exécrable Mike Newton...

Prononcer son nom suffisait à me dégouter...

----- - J'aurais du me douter que tu nous espionnerais, grogna-t-elle.
----- - Comment voulais-tu qu'il en aille autrement !
----- - Pourtant ça te rend jaloux.
----- - C'est si nouveau. Tu es en train de réveiller l'humain qui est en moi, et tout paraît plus violent parce que neuf.
----- - Franchement, se moqua-t-elle, que devrais-je dire, moi, après avoir entendu que Rosalie, la beauté incarnée, t'était destinée ? Emmett ou pas, comment suis-je censée rivaliser avec elle ?
----- - Il n'y a pas de rivalité qui tienne.

Pourquoi était-elle toujours entrain de se sous-estimer ? Je la pris dans mes bras, pour qu'elle comprenne qu'a mes yeux, elle était la plus belle personne au monde. Elle était tout ce que je désirais. Et aucune Rosalie, aussi belle soit-elle, ne pouvait rivaliser avec le charme de ma Bella.

----- - Je sais, c'est bien ça le problème, marmonna-t-elle.
----- - Rosalie est belle, certes, mais même si elle n'était pas ma s½ur ou la compagne d'Emmett, elle n'atteindrait jamais le dixième, non le centième de l'attirance que tu exerce sur moi. Pendant presque un siècle, j'ai fréquenté mon espèce et la tienne en croyant que je me suffisais à moi-même, sans me rendre compte de ce que je cherchais. Et sans rien trouver, parce que tu n'étais pas encore née.
----- - Ça paraît tellement injuste. Moi, je n'ai pas eu à attendre. Pourquoi est-ce si simple, pour moi ?
----- - Ce n'est pas faux, plaisantai-je, il faudrait vraiment que je te complique un peu les choses.

Je pris ses deux petites mains chaudes dans ma main glacée et je lui caressai les cheveux de mon autre main, ils étaient doux et soyeux. Je ne me lassais pas de leur texture, de leur parfum. Elle était tellement hypnotisée par moi qu'elle ne se rendait pas compte du danger permanent que j'étais pour elle. A cet instant, j'aurais pu lui briser la nuque sans effort. Elle pensait que les choses étaient simples et naturelles pour elle. Mais c'était tout le contraire.

----- - Tu n'as qu'a risquer ta vie à chaque seconde passée avec moi, lui fis-je remarquer, ce n'est pas grand-chose, n'est-ce pas ? Tu as juste à tourner le dos à ta nature, à ton humanité... c'est si peu payer, bien sûr.
----- - Très peu. Je ne me sens privée de rien.
----- - Pas encore.

Elle ne se sentait privée de rien, car elle n'était pas privée de son humanité. Contrairement à la vision d'Alice qui prédisait qu'elle serait un jour un vampire. Cette éventualité m'aurait donné les larmes aux yeux si seulement cela était possible. Et pour couronner le tout, je n'avais même pas été capable de dissimuler la tristesse dans ma voix, et Bella essayait de voir mon visage. Je préférais cependant la serrer contre moi plutôt qu'elle remarque mon désarroi.

----- - Que..., tenta-t-elle.

----- - Le comportement de Bella était étrange... je me demande...essaye-t-elle de me cacher quelque chose ?...

Je venais de percevoir quelques bribes des pensées de Charlie. Je l'entendais bouger dans le salon. Ses pas se dirigeaient vers l'escalier, mais ils étaient trop rapide pour laissé penser qu'il allait se coucher. Et d'après ce que je venais de comprendre, il avait l'intention de venir voir si Bella dormait réellement ou si elle avait fait le mur. Je relâchais alors Bella précipitamment, et je m'éclipsais sans bruit par la fenêtre que Bella avait laissé ouverte, en restant accroché au volet. Bella n'avait pas compris ce qu'il venait de ce passer dans ma tête.

----- - Couche-toi, lui sifflai-je.

Comprenant enfin, elle m'obéit sans mot dire, et se précipita sous la couette, et fis mine de dormir en se tournant sur le flanc. Charlie passa la tête par la porte pour s'assurer qu'elle était bien là. Bella essayait d'avoir une respiration calme et posée... en vain, sa respiration était beaucoup trop rapide pour faire croire qu'elle était un train de dormir paisiblement. Heureusement pour elle, son père n'avait pas une ouïe aussi développée que la mienne.

----- - Elle disait la vérité... pourtant elle ne semblait pas si fatiguée tout à l'heure... je me suis trompé...

Les pensées de Charlie étaient vraiment dures à décrypter. Mais heureusement, pas aussi dures que celles de sa fille. Dès qu'il eu refermé la porte, je sortie de ma cachette pour enlacer Bella qui n'avait pas osé bouger une oreille. Décidément, sa respiration était beaucoup trop contrôlée pour paraitre naturelle. Je lui fis une baisé sur l'oreille pour qu'elle se retourne.

----- - Tu es une très mauvaise actrice, raillai-je. Autant te prévenir, cette carrière n'est pas pour toi.
----- - Quel dommage !

Les battements de son c½ur s'étaient accélérés, ce qui signifiait une montée d'adrénaline. Et même si j'aurais préféré passer la nuit à discuter avec elle, il était nécessaire qu'elle dorme pour être en forme demain. Je me mis alors à fredonner sa berceuse...

----- - Veux-tu que je chante pendant que tu t'endors ?
----- - Ben voyons ! Comme si j'allais réussir à dormir pendant que tu es ici !
----- - Ce serait loin d'être une première.
----- - Je ne savais pas !
----- - Puisque tu ne veux pas dormir...

Après tout, je n'y tenais pas plus que ça. Ça me permettait justement de passer encore plus de temps avec elle éveillée. J'avais laissé ma phrase en suspend, et elle avait cessé de respirer. Elle était incorrigible ! Elle ne ménageait vraiment pas son c½ur, avec toutes les émotions qu'elle lui infligeait... certes, j'étais responsable de la plupart, mais je ne me sentais pas coupable pour autant.

----- - Oui ? demanda-t-elle impatiente et nerveuse.
----- - Que veux-tu faire ?
----- - Je n'en sais rien. Répondit-elle, prise de court.
----- - Tiens-moi au courant quand tu auras décidé.

Moi, par contre, je savais très bien ce dont j'avais envie. Je respirais avidement son parfum, je fis glisser mon nez le long de son cou, puis me dirigeais le long de son menton... la brulure qui me tiraillait la gorge était maintenant lointaine. Je n'étais plus le même vampire que celui qui était partit ce matin en randonnée avec elle. Elle m'avait transformé.

----- - Je croyais que tu étais insensibilisé ?
----- - Ce n'est pas parce que je résiste au vin que je n'ai pas le droit d'en humer le bouquet. Tu as une odeur très florale, un mélange de lavande et de... freesia. Très appétissant.
----- - C'est ça. On me le dit tous les jours !

Je ris face à son indifférence. Elle était une bouffée de fraicheur pour ma triste vie. Je ne pourrais plus jamais me passer d'elle !

----- - J'ai décidé, reprit-elle. Je veux en savoir plus sur toi.
----- - Je t'en prie, pose-moi une question.

Sa curiosité me gênait beaucoup à présent. Elle réfléchit un moment. Comme si son choix était décisif, et qu'elle n'avait droit qu'à une seule question. Son front se plissa légèrement, faisant apparaître cette petite ride entre ses sourcils qui me fascinaient.

----- - Pourquoi avez-vous choisis ce mode de vie ? Que vous fournissiez autant d'effort pour combattre votre nature me dépasse. Attention, ça ne signifie pas que j'en suis mécontente, au contraire. Simplement, je ne vois pas pourquoi vous vous embêtez.

Cette question était surprenante, surtout venant d'une humaine. Mais Bella était une surprise perpétuelle. Je pris tout de même le temps de la réflexion pour y répondre. Je ne voulais pas être un monstre comme autrefois.

----- - C'est une bonne question, et tu n'es pas la première à me la poser. Ceux de notre espèce qui sont satisfaits de leur sort s'interrogent aussi. Mais ce n'est pas parce que nous avons été... façonnés selon un certain modèle que nous n'avons pas le droit de désirer nous élever, dépasser les frontières d'un destin qu'aucun de nous n'a voulu, essayer de retenir un maximum de notre humanité perdue.

Bella resta parfaitement immobile, elle ne répondit pas, et les battements de son c½ur s'étaient apaisés.

----- - Tu dors ? Chuchotai-je au bout de quelques minutes.
----- -Non.
----- - C'est tout ce que tu voulais savoir ?
----- - Rêve !
----- - Quoi d'autre, alors ?
----- - Pourquoi peux-tu lire les pensées des autres, toi seulement ? Et Alice prévoir le futur ?
----- - Nous l'ignorons. Carlisle a une hypothèse... il croit que tous nous apportons nos caractéristiques humaines les plus fortes dans notre seconde vie, où elles s'amplifient, à l'instar de notre esprit et de nos sens. D'après lui, je dois avoir été très sensible aux gens qui m'entouraient. Et Alice aurait eu un don de prémonition.
----- - Qu'a-t-il apporté, lui ? Et les autres ?
----- - Carlisle, sa compassion. Esmée, son aptitude à aimer passionnément, Emmett, sa force, Rosalie, sa... ténacité. A moins que tu appelles ça de l'obstination, précisai-je en riant. Jasper est très intéressant. Il était plutôt charismatique, dans sa première vie, capable d'influencer ses proches pour qu'ils voient les choses à sa façon. Aujourd'hui, il arrive à manipuler les émotions des gens alentour. Il calme une pièce de gens en colère par exemple ou, a l'inverse, stimule une foule léthargique. C'est un don très subtil.

Je lui laissais le temps nécessaire pour qu'elle puisse assimiler tranquillement cette information sans qu'elle ne l'effraie. Elle avait l'air de plutôt bien prendre les choses. D'ailleurs, elle ne tarda pas à me poser une autre question.

----- -Où tout a commencé ? Carlisle t'a transformé, mais quelqu'un doit s'être occupé de lui avant ça, et ainsi de suite.
----- - Et toi, d'où viens-tu ? Evolution ? Création ? Serait-il impossible que nous ayons évolué comme les autres espèces, prédateurs et proies ? Ou si tu doutes que ce monde a surgi de lui-même, ce qu'il m'est difficile d'accepter moi aussi, est-il si dur de croire que la même force qui a créé le délicat ange de mer et le requin, le bébé phoque et la baleine tueuse ait créé nos deux espèces en parallèle ?
----- - Soyons clairs : je suis le bébé phoque, c'est ça ?
----- - Oui !


Dernière partie


Je ne pus m'empêcher de rire encore une fois. Cet instant était magique, nous étions tous les deux heureux, elle d'être dans mes bras, et moi d'être près d'elle sans lutter pour ne pas la tuer. Je lui déposais alors un furtif baiser dans les cheveux, certain qu'elle ne le sentirait pas.

----- - Tu es prête à dormir ou tu as d'autres questions ?
----- - Juste un ou deux millions.
----- - Nous avons demain, après demain et tous les jours qui suivront...
----- - Es tu certain que tu ne seras pas évanoui au matin ? Tu es un être mythique après tout.
----- - Je ne te quitterai pas.

Non, je ne la quitterai pas, pour la simple et bonne raison que j'en étais complètement incapable.

----- - Juste une dernière, alors...

Cependant, elle ne termina pas sa demande, et sa peau s'enflamma. Elle rougissait...

----- - Quoi ? L'encourageai-je
----- - Oublie. J'ai changé d'avis.
----- - Bella, tu peux demander ce que tu veux.

Elle ne répondit pas, et son silence commençait vraiment à m'agacer. Ne pas pouvoir lire en elle était un supplice.

----- - Je ne cesse d'espérer que de ne pas lire tes pensées finira par être moins frustrant, gémis-je, mais c'est de pis en pis.
----- - Je suis bien contente que tu n'y arrives pas. C'est déjà assez pénible que tu m'espionnes quand je divague en dormant.
----- - S'il te plaît... la suppliai-je en étant le plus persuasif possible.

Elle refusa de me faire partager ses pensées. Que me cachait-elle. Qu'est ce qui pourrait être si embarrassant qu'elle ne pourrait me dire. Je ne voulais pas qu'elle ait honte de ses idées, ou qu'elle s'en sente gênée. Je voulais qu'elle me fasse confiance en me faisant partager justement ce genre de chose. Jamais je ne me moquerais d'elle à ce sujet.

----- - Si tu te tais, j'en serais réduit à supposer que c'est encore pire que ça ne l'est. Je t'en prie.
----- - Eh bien... commença-t-elle par céder.
----- - Oui ?
----- - Tu as dit que Rosalie et Emmett se marieraient bientôt. Est-ce que... ce mariage... représente la même chose que pour les humains ?

J'éclatais de rire, rassuré. Ainsi donc, c'est l'idée d'un mariage entre vampire qui la mettait si mal à l'aise. Avait-elle craint que je prenne mal le fait qu'elle veuille savoir si les vampires étaient capables de traditions comme le faisaient les humains ?

----- - C'est donc ça que tu as en tête ?

Elle se tortilla, gênée.

----- - Oui, je suppose que c'est l'équivalent. Encore une fois, la plupart de ces désirs humains sont en nous, seulement cachés par des désirs plus puissants.
----- - Oh.
----- - Ta curiosité avait-elle un but précis ? Demandai-je innocent
----- - Je me demandais juste... à propos de toi et moi... un jour...

Je n'avais pas envisagé cette éventualité. Ainsi sa vraie question n'était pas sur le mariage entre vampire mais plutôt sur le mariage entre un vampire et une humaine. Entre elle et moi. C'était tout simplement inenvisageable. La seule façon pour nous d'avoir un avenir dans le mariage serait de la transformer. Et ça je ne le permettrais jamais. Je serais présent à ces côtés tout au long de sa vie, tant qu'elle voudra de moi. Mais je ne pourrais pas faire plus. Ce serait beaucoup trop dangereux pour elle.

----- - Je ne crois pas que ce... que ça serait possible pour nous.
----- - Parce que... cette intimité serait trop difficile à supporter pour toi ?
----- - Sans doute. Mais ce n'est pas ce à quoi je pensais. Tu es si douce, si fragile. Je dois sans arrêt veiller à mes actes pour ne pas te faire du mal. Je pourrais te tuer si facilement, Bella, par accident.

Je voulais qu'elle comprenne mes réelles motivations. Elle devait comprendre, que mon refus était indépendant de ma volonté. Je pris sa joue dans ma paume, elle était tellement chaude qu'elle me brulait presque.

----- - Si je me précipitais, ou si, le temps d'une seconde, mon attention se relâchait, je pourrais, en touchant ton visage, t'écraser le cerveau par mégarde. Tu ne réalises pas à quel point tu es susceptible d'être brisée. Jamais au grand jamais je n'aurais le droit de perdre le contrôle en ta présence.

Elle ne répondit pas, ne réagit pas, elle resta immobile, les yeux fixés. Avait-elle enfin compris toute l'ampleur de ce que je représentais ? Lui avais-je enfin ouvert les yeux sur le danger qu'elle encoure à chaque seconde passée avec moi ? Etait-elle effrayée au point de ne pas me répondre ? me répondrait-elle encore un jour ? Un jour, elle réalisera qu'elle n'a rien a faire avec quelqu'un comme moi, un vampire, que je ne lui apporte rien de bon, et ce jour-là, je la perdrais pour de bon. Ce jour était-il déjà arrivé ?

----- - Je te fais peur ? Demandai-je, n'y tenant plus de ce silence.
----- - Non, pas du tout.

Le soulagement éteignit mon angoisse naissante. Ces questions sur le mariage avaient éveillé ma curiosité sur un autre point. C'est donc un peu plus léger que je repris.

----- - Tu as éveillé ma curiosité. As-tu déjà...
----- - Bien sûr que non ! protesta-t-elle en s'empourprant de plus belle. Je t'ai dit que je n'avais jamais éprouvé ça pour personne, même de loin.
----- - Je sais, mais je connais les pensées des autres. L'amour et le désir ne vont pas toujours ensemble.
----- - Pour moi, si. Enfin, maintenant qu'ils sont entrés dans ma vie, soupira-t-elle.
----- - Très bien. Nous avons au moins une chose en commun.
----- - Tes instincts humains... Et zut ! Est-ce que tu me trouves un tout petit peu attirante de ce point de vue-là ?
----- - Je ne suis peut-être pas un humain, mais je suis un homme. Lui assurai-je en lui ébouriffant les cheveux.

Elle bailla, ce qui trahissait sa fatigue. Je ne voulais pas qu'elle lutte contre son envie de dormir pour converser avec moi.

----- - J'ai répondu à tes questions. Maintenant, tu devrais dormir.
----- - Je ne suis pas certaine d'y arriver.
----- - Tu veux que je m'en aille ?
----- - Non !

Je n'en avais aucune intention de toute manière... pour l'aider à dormir, je lui fredonnais sa berceuse. Elle avait l'air de l'apprécier. Et elle ne tarda pas à sombrer dans le sommeil.


Et voila ce chapitre est maintenant terminé !!! laissez vos impressions !!

je vous remercie de tout coeur pour tous vos encouragements !!
je pense à vous, je faits du mieux que je peux, mais comme la plupart d'entre vous le comprennent, je ne peux pas faire passer la fic dans mes priorités... en novembre j'ai des examens blancs a passer, donc je vais faire une tite pause dans la rédaction!! mais je le répète, je ne vous oublie pas, et j'espère que le chapitre 17 ne sera pas tant découpé !! ;)

à bientôt

Oriane Cléry
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#Posté le dimanche 06 septembre 2009 12:16

Modifié le lundi 26 octobre 2009 07:00

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