----- - Tu l'es, admis-je en m'esclaffant.
Nous rîmes ensembles. Elle était tellement belle à cet instant, les cheveux brillaient dans les rayons du soleil, révélant des mèches plus claires, le tout s'harmonisant à la perfection avec la couleur de sa peau. Sa déclaration face à la mienne était nettement plus courte, mais tellement significative... elle avait résumé en une phrase ce que j'essayais de lui dire depuis une heure ! En cet instant nous étions juste Bella et Edward. Et non une humaine et un vampire. Mais il fallait revenir à la réalité.
----- - Et le lion s'éprit de l'agneau... murmurai-je
----- - Quel imbécile, cet agneau, soupira-t-elle en détournant les yeux.
----- - Quel fou, ce lion... quel masochiste...
Oui, le lion que j'étais, était vraiment masochiste pour aimer la compagnie d'une personne dont le parfum était si dangereusement alléchant. Mais j'étais à présent presque certain d'être assez fort pour la protéger. Je contemplais la forêt ombreuse, qui me rappelait que ma place avait toujours était dans l'ombre. Aujourd'hui cependant, ma place était dans la lumière. Bella était ma lumière, mon soleil de minuit, qui me sortait de ma sombre vie. Des frisons de bonheur et de légèreté me parcoururent l'échine. Je me délectais de cette sensation.
----- - Pourquoi...
Elle s'interrompit, hésitante. Je lui souris alors pour l'encourager à poursuivre. Pour une fois que je ne lui avais pas réclamé de partager ses pensées...
----- - Oui ?
----- - Dis-moi pourquoi tu t'es enfui devant moi.
----- - Je viens de te l'expliquer, rétorquai-je. Lui exprimer toutes mes émotions avait déjà été une dure épreuve, hors de question de recommencer une seconde fois.
----- - Non. Je voudrais savoir ce que j'ai fait de mal. Il va falloir que je sois sur mes gardes, dorénavant. Mieux vaut donc que j'apprenne tout de suite les gestes à éviter. Celui-ci, par exemple, ajouta-t-elle en caressant le dos de ma main me procurant ainsi une sensation des plus agréables, paraît acceptable.
----- - Tu n'as rien fait de mal, lui assurai-je soulagé de ne pas avoir à réitérer mon récit. C'était ma faute, Bella.
----- - Mais je veux aider à te rendre les choses plus aisées, si c'est possible.
Elle était vraiment adorable. Ce n'était absolument pas sa faute si son odeur corporelle était irrésistible pour le vampire que j'étais.
----- - Eh bien... c'était juste ta proximité. Par instinct, la majorité des humains nous évitent, révulsés par notre étrangeté... je ne m'attendais pas à ce que tu ne te sauves pas. Et puis, il y avait l'odeur de ta gorge.
Les mots m'avaient une fois de plus échappés. Cette fois si elle n'était pas choquée, c'était officiel, cette fille n'était pas une humaine ordinaire ! Je me sentais tellement à l'aise à ses côtés, que je me laissais complètement allé. Je ne me sentais cependant un peu honteux de parlé d'elle de cette manière. J'étais presque en train de comparer sa gorge à un morceau de viande ! Une fille normale m'aurait giflé.
----- - Très bien, je la cacherai à partir de maintenant !
Et pour illustrer ses paroles, elle baissa le menton. Ce geste ne manqua pas de me faire rire. Elle ne m'en voulait pas le moins du monde, elle avait été sincère lorsqu'elle m'avait demandé de parlé comme les mots me venait. Elle était tout simplement incroyable !
----- - Non, vraiment, j'ai surtout été surpris.
Pour lui montrer que je pouvais résister à l'attraction de sa gorge, je plaçai mes mains glacées délicatement sur son cou chaud. Je sentis un frisson la parcourir à mon contacte. Etait-ce de la peur ? Non, il n'y avait aucune lueur de peur dans son regard.
----- - Tu vois, dis-je, tout va bien.
Je sentais son sang qui battait à une vitesse démesurée dans ses veines, et son c½ur qui s'emballait. Cet afflux de sang lui donna quelques rougeurs, accentuant d'une manière adorable la chaleur de ses joues.
----- - Ces rougeurs sont magnifiques, murmurai-je.
Au moment au je prononçais ces mots, le besoin de toucher ses joues, était devenu une nécessité. Je dégageais alors doucement la main qu'elle tenait toujours, et le plus délicatement possible, je pris son visage entre mes doigts de marbre. J'effleurais alors son visage tel une bulle de savon, sa peau était d'une douceur incomparable, et telle une drogue, effleurer sa peau ne me suffisait plus, j'en voulais plus.
----- - Ne bouge pas, lui chuchotai-je.
Je ne voulais pas qu'elle rompe le très fragile équilibre que je m'étais imposé mentalement. A cet instant précis, elle était le centre de mon univers, tout ce qui se trouvait autours de nous n'existait plus. Je me penchais vers elle, posément, sans la quitter des yeux un seul instant. Puis, tendrement, j'appuyais ma joue contre la courbe délicieuse de son cou, on aurait dit qu'elle avait été conçue pour m'accueillir, en effet, je pus m'y caler sans effort. Son parfum m'envahit, envoutant. Sa fragrance me fit tourner la tête, je fermais les yeux, voulant oublier tout ce qu'il y avait autours de nous, ne plus penser qu'à sa peau, sa douceur, son odeur, sa chaleur... mes mains glissèrent d'elles-mêmes le long de son cou, elle frissonna, et j'eue besoin de reprendre ma respiration, même si ce geste n'était pas, en réalité, indispensable. Mes doigts avaient pris leur liberté, indépendant de ma volonté, je n'étais plus très maître ce l'équilibre que je m'étais fixé. Elle avait un pouvoir déstabilisant sur moi, un pouvoir que je ne pouvais pas expliquer. Je comprenais enfin la signification du mot « Bonheur » !
Mes doigts descendirent le long de ses épaules, je frôlais sa clavicule de mon nez, j'enfouis ma tête dans sa poitrine, pour mieux écouter les battements de son c½ur. Je me laissais submerger par sa fragrance, ma gorge me brûlait terriblement, mais ce n'était rien comparé à ce que je ressentais. Un frisson me parcourut l'échine, et j'eus l'impression que mon c½ur mort avait quelques soubresauts. Je voulais que le temps s'arrête. Une fois encore, je fermais les yeux pour mieux profiter de l'instant présent, et le graver à tout jamais dans ma mémoire.
----- - Ah, soupirai-je en prêtant l'oreille aux battements de son c½ur, on aurait que le miens voulait lui répondre. Hélas, c'était impossible.
Nous restâmes ainsi des heures, elle avait respecté mon souhait, et n'avait pas bougée d'un millimètre. Ce qui était impossible pour le commun des mortels, mais elle semblait animée d'une volonté hors norme. J'en remerciais le ciel qu'il en soit ainsi, si elle avait bougé, je ne me portais pas garant des conséquences de notre étreinte. Son pouls finit par s'apaiser, ce qui me rendit les choses plus aisées. L'appel du sang étant moins fort, je pouvais mieux me concentrer sur sa peau, si merveilleuse autant par son parfum que par sa texture. Je ne m'en lassais pas, et surtout je ne voulais pas m'en lasser. Contrairement à ce que j'aurais cru, je ne me sentais pas gêné par cette soudaine proximité, mais apaisé, comme si j'avais toujours eu besoin de ce contacte, sans jamais m'en être rendu compte.
Je finis par desserrer mon étreinte, apaisé comme jamais, et heureux.
----- - Ce ne sera plus aussi dur, annonçai-je, satisfait.
----- - Est-ce que ça l'a été ?
----- - Pas autant que je l'aurais cru. Et pour toi ?
----- - Non. Pour moi... non.
Son inflexion me fit sourire. Bien sur, pour elle ce contacte avait été plus facile qu'à moi-même dans le sens où elle n'était pas un vampire attiré d'une manière aussi intense par le sang qui battait dans le cou de l'être aimé. Mais ma question concernait surtout le contacte de ma peau sur la sienne. Elle détestait le froid, et c'est exactement ce que j'étais. Pourtant elle parut sincère pour me répondre, ce qui me réjouit. Et pour lui prouver qu'elle avait le pouvoir de me changer, je voulais qu'elle sente qu'elle avait réussit à me réchauffer la joue.
----- - Tiens, dis-je en prenant sa main pour la placer contre ma joue. Tu sens comme elle s'est réchauffée ?
Elle ne s'attarda cependant pas longtemps sur ma joue tiédis, et préféra parcourir mon visage de ses doigts.
----- - Reste tranquille, m'ordonna-t-elle à son tour. Je me fis alors de marbre pour la laisser partir à la découverte de mes traits.
Sa progression ce fit encore plus lente que la mienne. Elle caressa ma joue, effleura mes paupières closes, passant sur le contour de mes cernes. Elle descendit ensuite en suivant le tracé de mon nez, puis son geste ce fit plus hésitant à la bordure de mes lèvres. Je ressentais des picotements dans la nuque, j'avais l'impression qu'une envolée de papillons se trouvait dans mon ventre. Etait-ce normal pour un vampire d'être au bord de l'évanouissement ? La tête me tournait, je voulais la serrer dans mes bras, la garder tout contre moi pour l'éternité. Et ses doigts... avec leur arôme, attisa le brasier de ma gorge... ma bouche s'entrouvrit malgré moi, pour goûter à son parfum. Aussitôt, elle retira sa main, et se recula. Je rouvris les yeux, et son pouls s'accéléra encore une fois.
----- - J'aimerais tant, murmurai-je, j'aimerais tant que tu sentes la... complexité... la confusion... que j'éprouve. Que tu comprennes. D'un geste, je repoussai ses cheveux pour mieux admirer son visage parfait.
----- - Explique-moi, souffla-t-elle.
----- - Je ne pense pas y parvenir. Je t'ai déjà dit, d'un côté, la faim... la soif... que, déplorable créature, je ressens pour toi. Je crois que tu saisis ça, jusqu'à un certain point. Mais, comme tu n'es pas accro à une substance illégale quelconque, ton empathie ne peut être complète. D'autres faims me dévorent, cependant. Des pulsions qui m'échappent, même à moi. Qui me sont étrangères.
----- - Tout ça m'est beaucoup plus familier que tu ne le penses.
----- - Je ne suis pas habitué aux émotions humaines. Est-ce toujours ainsi ?
----- - Pour moi ? Non, c'est la première fois.
Je pris ses mains frêles dans l'étau des miennes, pour me donner plus de courage.
----- - J'ignore comment être proche de toi, reconnus-je. Je ne suis pas sûr de le pouvoir.
Elle verrouilla ses yeux dans les miens, se pencha en avant avec une prudence, et plaça sa joue contre mon torse. Une fois de plus la tête me tourna. Que m'arrivait-il à la fin ? Cela devenait vraiment déconcertant.
----- - Cela me suffit, chuchota-t-elle en fermant les paupières.
J'eus alors l'impression d'avoir de vieux réflexes en moi qui ne demandait qu'à s'exprimer. Un peu réticent au début, de peur de voir s'exprimer des réflexes de vampire, je laissais ensuite parler mon c½ur, comprenant qu'il s'agissait en faite de réflexe humain enfouis sous le poids des années. Je l'enlaçais et plongeai mon visage dans ses cheveux, ayant le parfum du paradis.
----- - Tu te débrouilles bien mieux que ce que tu prétends.
----- - Je conserve de très vieux instincts. Ils sont peut-être enfouis très profondément, mais ils existent.
Nous restâmes collés l'un à l'autre un autre long moment. Je ne voulais rompre notre étreinte pour rien au monde, et je sentais que de son côté, elle était incapable de bouger. Les heures passaient, la lumière faiblissait, mais cela n'affectait en rien ma vue. Je voulais que le temps s'arrête pour nous laisser le temps de profiter l'un de l'autre. Elle soupira, et je savais qu'il était temps pour elle de rentrer. Elle devait sans doute commencer à angoisser pour le trajet du retour. Elle avait déjà eu du mal à venir jusqu'ici, mais maintenant qu'il faisait presque nuit, son appréhension était justifiée.
----- - Tu dois rentrer.
----- - Je croyais que tu ne pouvais pas lire dans mes pensées.
----- - Elles me deviennent de plus en plus claires.
Je l'attrapais d'un mouvement vif par les épaules, une idée m'étais venues, et je brulais de voir sa réaction.
----- - Puis-je te montrer quelque chose ?
----- - Quoi ?
----- - Comment je me déplace dans les bois. Elle eu l'air soudain inquiète par mes propos. Ne t'inquiète pas, m'empressais-je de préciser. Tu n'as rien à craindre et nous serons à la camionnette drôlement plus vite.
Je lui servis alors mon plus beau sourire pour effacer tout ses doutes, et son c½ur eut un raté des plus attendrissants.
----- - Tu vas te transformer en chauve-souris ? S'enquit-elle d'un air peu rassurée.
Je fus tellement surpris par sa question, que je partis d'un éclat de rire mémorable ! Comment pouvait-elle encore croire à toutes les fables que l'on raconte sur les vampires en me côtoyant si souvent ?
----- - Celle-là, ce n'est pas la première fois qu'on me la sert.
----- - Tu parles ! Comme si les gens osaient.
----- - Allez, trouillarde, grimpe sur mon dos.
Elle ne me prit pas tout de suite au sérieux, ce qui m'amusa beaucoup. Elle devait sans penser que j'y faisais une mauvaise plaisanterie. Je tendis alors la main pour l'encourager, et son rythme cardiaque qui avait tant de mal à se stabiliser, s'affola une fois de plus, au grand bonheur de mes oreilles. Je l'aidais ensuite à s'installer sur mon dos, je fixais fermement ses bras et jambes autours de moi.
----- - Je pèse un peu plus que le sac à dos moyen.
Pour moi, elle ne pesait pas plus lourd qu'une plume. Je balayais alors d'un revers de la main insouciant sa remarque. J'étais beaucoup trop heureux pour me soucier de quoi que ce soit. J'étais d'autant plus heureux, que je me sentais assez fort pour ne plus représenter un danger constant pour Bella. Je sentais que la brûlure de ma gorge était de plus en plus supportable. Je voulus me le prouver. Je pris sa paume, et la pressa contre mon nez, et inspira profondément. Le brasier de ma gorge ne s'attisa pas d'avantage. J'étais fier de moi, et beaucoup plus confiant qu'au début de la journée. J'étais maintenant sûr et certain que la vision d'Alice ne se réalisera jamais.
----- - De plus en plus facile.
Sur ces mots, je me mis à courir. Mon état de plénitude me faisait presque courir plus vite qu'à l'ordinaire, et quand je m'en rendis compte, je ralentis légèrement. Je me sentais tellement bien que je faisais perdurer ce moment, le plus longtemps possible. La chaleur qu'elle dégageait sur mon dos était agréable, et me procurais des frissons de plaisir. Sa chaleur se diffusait le long de mon dos, et sur ma gorge. Son parfum me submergea avec la force du vent, me procurant par ce fait des picotements dans la poitrine, et le désir de toucher sa peau encore. Mais y toucher seulement ne me paraissait pas assez fort pour combler mon désir. Je voulais goûter sa peau, son parfum, je voulais poser ma langue sur sa peau, elle m'avait complètement envouté. Jamais je ne me serrais permis de telles pensées ce matin encore. La remarque de Jessica me revint une fois encore en mémoire. Un baiser. Cela serait surement assez fort pour répondre à ce désir inconnu qui me parcourait le corps. Mais aurais-je la force de reculer si la passion m'emportait ? J'inspirais encore son odeur, la laissant m'imprégner complètement, mais ma gorge ne protesta pas. Oui, je serais assez fort pour ne pas la blesser, ou pour reculer si je franchissais les limites. Enjoué par cette nouvelle perceptive, j'accélérais sur les derniers mètres, et en quelques minutes à peine, nous avions rejoint la camionnette.
----- - Génial, hein ? M'exclamai-je hilare, attendant sa réaction. Elle ne me répondit pas, seuls les battements de son c½ur attestaient de sa présence.
----- - Bella ? Demandai-je alors, sentant l'anxiété m'envahir après mon euphorie.
----- - J'ai besoin de m'allonger, je crois.
----- - Oh, navré. Je me rendais compte à présent que les humaines n'avaient pas pour habitude de se déplacer couramment à une vitesse aussi extrême. Je patientais, mais elle ne bougea pas d'un pouce.
----- - J'ai aussi besoin d'aide, avoua-t-elle enfin.
J'étouffais alors un rire, rassuré. J'avais été trop rapide pour elle, rien de plus. Je délaçai doucement ses mains agrippées autours de mon cou, la fit glisser dans mes bras. Je la contemplais un instant avant de la déposer sur un lit de fougères. Elle avait vraiment mauvaise mine, la culpabilité m'assaillit.
----- - Comment te sens-tu ?
----- - Nauséeuse.
----- - Mets ta tête entre tes genoux.
Carlisle m'avait appris que cela apaisait la nausée des humains. Elle m'obéit, en respirant lentement. Je m'assis alors près d'elle, et au bout de quelques minutes, elle releva la tête. Sa pâleur était impressionnante. Son regard était celui d'une personne malade, pas tant que la fois où elle avait fait un malaise lors du test sanguin, mais plutôt comme si elle venait de faire 3 tours de ces manèges à sensations fortes très prisés par les humains ayant l'esprit d'aventure. Ce qui était le contraire de Bella. La culpabilité grandissait en moi, je savais que Bella n'était pas comme tous les jeunes de son âge, elle était plus fragile, et moi je venais de lui faire faire l'équivalant de 3 tours de grand huit ! Quel imbécile !
----- - Ce n'était pas une très bonne idée, murmurai-je penaud.
----- - Au contraire, c'était une expérience très intéressante, tenta-t-elle de me rassurer d'une voix faiblarde et peu convaincante.
Là, je retrouvais ma Bella. Même au bord de l'évanouissement, elle trouvait le moyen de me rassurer.
----- - Ha ! Tu es blanche comme un linge... pire, même. Comme moi !
Je voulais effacer cette image de mon esprit, jamais elle ne deviendrait comme moi, je sais maintenant que je serais assez fort pour m'y opposer et prendre la bonne décision en temps voulut. Je chassais alors ces vilaines pensées de mon esprit pour ne plus penser qu'à l'instant présent, ce que j'allais faire...
----- - J'aurais dû fermer les yeux.
----- - Rappelle-t'en, la prochaine fois. Elle me facilitait les choses en prenant les choses à la légère.
----- - Pardon ?
Je m'esclaffais de son air outré, elle était tellement charmante, même ainsi, pâle et fragile, elle était d'une beauté rare.
----- - Frimeur, ronchonna-t-elle.
----- - Regarde moi, Bella, chuchotai-je.
Nos visages étaient très proche l'un de l'autre, son c½ur s'emballa de plus belle, ce qui me donna du courage.
----- - En chemin, je réfléchissais...
----- - A la meilleur façon d'éviter les arbres, j'espère.
----- - Petite sotte. Courir est une deuxième nature chez moi. Je n'ai pas besoin d'y penser.
----- - Frimeur.
----- - Non, enchaînai-je, hors de question qu'elle me déconcentre. Je réfléchissais à un truc que j'en envie d'essayer.
Sur ce, je pris son doux visage entre mes mains en coupe. Elle s'arrêta de respirer. Faire la même chose, n'aurait rien changé pour moi, j'étais trop imprégné de son odeur. Je m'approchais doucement, inspirant prudemment, je n'avais pas le droit à l'erreur, un seul faux pas aurait été fatal à Bella. Elle n'écourta pas mon hésitation, consciente des risques qu'elle prenait. Son haleine le chatouilla le visage, mais je restais maître de mes émotions. Je sentais que j'étais capable de l'embrasser sans lui faire de mal. J'en avais la force, ou du moins, j'avais la force de fuir au cas où mes émotions deviendraient trop fortes. Je contrôlais ma soif, ma force, ma volonté, mon plaisir...
Mes lèvres touchèrent enfin les siennes. Une multitude de sensations m'envahit. Ses lèvres, douces, chaudes, parfumées, contrastaient avec la dureté et la froideur des miennes. Mais tout ceci n'avait aucune importance. J'étais en train d'embrasser Bella, et je contrôlais tous les dangers de ma personnalité. Ce baiser m'envoya directement au paradis. Jamais je n'avais ressenti autant de bonheur. Je sentais la passion monter en moi, la tête me tourna, je sentais le pouls de Bella s'accélérer, sa température avait sensiblement augmenté, et je mis une seconde de trop pour comprendre.
Son souffle devient heurté, ses doigts s'agrippèrent à mes cheveux, se collant encore plus contre moi, ses lèvres s'ouvrirent, elle en voulait plus. Théoriquement, je n'étais pas contre. Mais je goutis son haleine sur ma langue, mes instincts se réveillèrent. Je voulais faire écho à sa passion, la serrer contre moi, passer ma main dans ses cheveux, puis la laisser glisser dans le creux de son dos, et l'autre sur sa nuque recouverte d'un mince film de sueur brûlante. Sa soif était plus vive que jamais...
Un éclair de lucidité me frappa, je me rendais compte alors du cheminement de mes pensées. Je me raidis aussitôt. A contre c½ur, je la repoussais pour freiner ses ardeurs. Elle rouvrit les yeux, et je vis dans le reflet de ses prunelles chocolat, mon regard tendu par la soif. Je n'eu cependant pas la force de relâcher son visage.
----- - Oups !
----- - Comme tu dis.
----- - Dois-je..., elle tentât de s'éloigner, mais je ne pouvais pas la lâcher. Ce moment d'intimité m'avais réellement troublé, mais je ne voulais pas perdre le contacte de sa peau.
----- - Non, c'est supportable. Une minute s'il te plaît.
Avec un peu de recule, il est vrai que ma soif s'apaisait d'elle-même. Finalement, j'étais plutôt fier de moi. J'avais réussis à surmonter ma soif, ma passion dévorante, mes instincts vampiriques... j'étais gagnant sur tous les tableaux. Mais je n'aurais pas tenté le diable en retentant l'expérience de suite. Elle me contempla, et lorsque je sentis que tous dangers était écarté, je lui souris.
----- - Et voilà, annonçais-je fièrement.
----- - Supportable ?
----- - Je suis plus fort que je ne le pensais. Ça fait plaisir de l'apprendre.
----- - J'aimerais pouvoir en dire autant de moi-même. Navrée.
----- - Je te pardonne. Tu n'es qu'une humaine, après tout.
----- - Merci du compliment.
Je me relevais, et lui tendis la main pour l'aider. Je n'étais pas encore prêt pour rompre le contacte avec sa peau. Elle sembla surprise de mon geste. Il est vrai que d'habitude, j'évite au maximum les contacts avec sa peau pour lui être plus agréable, mais là, c'était physiquement impossible. Elle tituba, je ne pus m'empêcher de penser que mon baiser y était pour quelque chose.
----- - C'est encore la course ou dois-je le mettre sur le compte de mon habileté à embrasser ?
----- - Un peu des deux j'imagine.
----- - Mieux vaut que je prenne le volant, alors.
----- - Ça va pas la tête ?
----- - Je conduis mieux que toi dans tes meilleurs jours, raillai-je. Tes réflexes sont si lents !
----- - J'en suis convaincue, mais ni mes nerfs ni ma camionnette n'y résisteront.
----- - Fais-moi confiance, Bella, s'il te plaît.
----- - Pas question.
Incrédule, je levais les sourcils. Aussi adorable soi-t-elle, je n'aurais pas supporté de faire le trajet du retour avec elle au volant. L'idée même m'exaspérait. Je n'avais cependant pas dis mon dernier mot. Elle me contourna, pour se diriger vers la portière conducteur. Je fis alors passer mon bras autour de sa taille, et l'emprisonna contre moi. Je profitais encore ainsi de la merveilleuse texture de sa peau.
----- - Bella, j'ai dépensé beaucoup d'énergie pour te garder en vie aujourd'hui. Je n'ai pas l'intention de te laisser conduire alors que tu n'arrives même pas à marcher droit. Et puis, tu t'es vue quand t'as bu ? Plaisantais-je.
----- - Bu, moi ? protesta-t-elle en humant discrètement l'arôme de mon torse.
----- - Ma seule présence t'intoxique.
----- - Voilà un argument que je ne peux guère réfuter, soupira-t-elle.
J'avais gagné !
A travers cette discussion, je venais de me rendre compte, à quel point elle était déstabilisée par ma présence. Tout en étant flatteur, cela me permis de comprendre, qu'elle pouvait aussi ressentir cette sensation de dépendance (en beaucoup moins puissant, certes) qui ne me quittait pas.
Elle me tendit les clés, en me donnant un dernier avertissement.
----- - Vas-y doucement, ma voiture est une dame du troisième âge.
----- - Très juste.
----- - Et toi, tu n'es pas affecté par ma présence ?
Je le suis bien plus que tu ne le crois. Rien n'est comparable à sa beauté, sa douceur, sa fragrance, tout en elle était une addiction pour moi. Je la savourais encore une fois, conscient que l'occasion ne se représenterait peut-être pas de sitôt. Mes lèvres effleuraient sa mâchoire, son oreille, son menton en plusieurs fois, sans que je ne m'en lasse. J'écoutais le rythme irrégulier des battements de son c½ur, sentant sa chaleur envelopper mon visage, j'étais le plus heureux des vampires, et le plus heureux des hommes. L'arôme alléchant qui se dégageait de son cou me donnait des vertiges. De nous deux, le plus affecté par l'autre, était sans conteste moi !
----- - Quand bien même se serait le cas, murmurai-je, il n'en reste pas moins que j'ai de meilleur réflexes
Je n'allais pas lui avouer la vérité pour qu'elle me reproche d'avoir gagné déloyalement. J'étais certes plus affecté, mais j'étais plus apte qu'elle à interagir avec mes sentiments et mes responsabilités en même temps.
[Conduire à la vitesse indiquée par les panneaux me demandait un effort surhumain ! J'avais l'impression d'être un escargot. Mais je ne pouvais pas faire mieux avec son antique Chevrolet ! Et elle semblait heureuse, ce qui me réconfortait. Je ne pouvais physiquement plus la lâcher, ainsi, j'avais une main sur le volant (pour ne pas lui faire peur) et une main dans la sienne. Je prêtais peu attention à la route, je la connaissais par c½ur. Je pouvais donc admirer le coucher du soleil en compagnie de mon soleil personnel. J'admirais ses cheveux qui voletaient par la fenêtre ouverte, les reflets du soleil sur eux produisaient une merveilleuse couleur cuivrée. Elle était encore plus belle que d'habitude. Nos doigts, toujours entremêlés, me procuraient une sensation rassurante.
J'avais réglé la radio sur ma fréquence favorite, celle qui diffusait des tubes des années cinquante. J'aimais beaucoup ces chansons, et j'en connaissais chaque parole.
----- - Tu aimes la musique des années cinquante ? me demanda-t-elle.
----- - Elle était très bonne, à l'époque. Bien meilleure que celle des deux décennies qui ont suivi. Pouah ! Au moins, c'est redevenu supportable à partir des années quatre-vingt.
----- - M'avoueras-tu jamais ton âge ?
----- - C'est tellement important ? Rigolais-je.
----- - Non, mais je ne peux m'empêcher de m'interroger... rien de tel qu'un mystère non résolu pour me donner des insomnies.
Me verrait-elle différemment si elle connaissait mon âge ? Connaissait mon histoire ? Ma rencontre avec Carlisle me revient alors en mémoire. Ce n'était pas un souvenir aussi précis que ceux que j'avais depuis ma transformation, quand on devient vampire, la mémoire humaine s'efface en partie, et les images que l'on en garde, sont beaucoup moins nettes. Elle semblait s'impatienter. D'ordinaire, c'était moi qui avais ce rôle. Je lui devais bien ça... je suis toujours en train de vouloir connaître la moindre de ses pensées... je peux bien lui raconter mon histoire...mais supporterait-elle un choc supplémentaire ? Je ne lui avais rien épargné aujourd'hui !
----- - Fais-moi un peu confiance, murmura-t-elle.
Je soupirais... elle avait raison, la confiance devait être réciproque entre nous. Je plongeais alors mes yeux dans les siens pour me donner du courage. Je vis dans ses yeux chocolat une confiance absolue en moi, que je ne pouvais pas décevoir. Je me tournais alors vers le soleil couchant, d'une part pour la rassurer sur ma conduite, et d'autre part, pour lui laisser assimiler mon histoire tranquillement.
Je commençais mon récit par ma naissance. C'était ce qu'elle désirait savoir en premier. Elle resta impassible au fait que j'étais né à Chicago en 1901, elle attendait la suite.
----- - Carlisle m'a trouvé au fond d'un hôpital à l'été 1918, j'avais dix-sept ans et j'étais en train de mourir de la grippe espagnole. Je n'en garde pas un souvenir très net. C'était il y a longtemps, et notre mémoire humaine s'estompe... en revanche, je me rappelle bien ce que j'ai éprouvé quand Carlisle m'a sauvé. Ce n'est pas une étape facile qu'on oublie.
Un instant, je craignis en avoir trop dit, mais heureusement, elle ne rebondit pas sur ce sujet.
----- - Et tes parents ?
----- - La maladie les avait déjà emportés. Je n'avais personne. C'est pourquoi il m'a choisi, d'ailleurs. Dans le chaos de l'épidémie, qui s'apercevrait que j'avais disparut ?
----- - Comment t'a-t-il... sauvé ?
Elle venait de poser la question que je voulais éviter ! il fallait cependant que je lui réponde, même si j'aurais préféré gardé le silence... cependant, sa présence avait le don de m'apaiser, et c'est d'ailleurs pour cette raison que je lui en disais souvent plus que ce que je ne le voulais.
----- - ça n'a pas été simple. Rares sont ceux dotés de la retenue nécessaire. Mais Carlisle a toujours été le plus humain, le plus compatissant de nous tous... à mon avis, il n'a pas d'équivalent dans l'histoire. Pour moi, ça a juste été très, très douloureux.
Je ne voulais pas en dire plus sur ma transformation... je ne voulais pas lui donner d'idées... je n'oubliais pas qu'Alice l'avait vu transformé dans le futur... mais je voyais à ses yeux, que sa curiosité été loin d'être satisfaite ! Je l'embarquais alors volontairement loin du processus de transformation en vampire, pour lui expliquer le geste de Carlisle.
----- - Il a agi pas solitude. C'est en général la raison qui préside cette décision. J'ai été le premier membre de sa famille, même s'il a trouvé Esmée peu après. Elle était tombée d'une falaise. Ils l'ont transporté aussitôt à la morgue de l'hôpital, bien que, par miracle, son c½ur battît encore.
----- - Il faut donc être à l'agonie pour devenir un...
----- - Pas forcément. C'est juste Carlisle. Il n'imposerait jamais ce choix à qui aurait une autre solution.
Elle m'avait ramené malgré moi sur le sujet sensible... mais je voulais me rassurer, en me disant que jamais une telle idée ne lui traverserait l'esprit. Et au cas où, pour l'en dissuader, j'accentuais bien le fait que la dureté de l'épreuve était incomparable. J'en avais d'ailleurs un souvenir assez vif.
----- - Il dit cependant que c'est plus facile quand le sang est faible, ajoutais-je.
Pour clore le sujet, je fis mine de me concentrer sur la route. Bien que l'obscurité fût tombée, je voyais comme en plein jour.
----- - Et Emmett et Rosalie ?
----- - Rosalie a été la troisième. Ce n'est que bien plus tard que j'ai compris qu'il avait espéré qu'elle serait pour moi ce qu'Esmée était pour lui. (J'en levais les yeux au ciel ! m'imaginer en couple avec Rose était risible !) Mais je ne l'ai jamais considérée que comme une s½ur. Deux ans après, elle a ramené Emmett. Elle chassait, nous habitions les Appalaches à l'époque, et elle est tombée sur un ours qui s'apprêtait à l'achever. Elle l'a porté sur plus de cent cinquante kilomètres pour le confier à Carlisle, parce qu'elle avait peur de ne pas y arriver elle-même. Je commence aujourd'hui seulement à me rendre compte combien ce voyage a dû être éprouvant pour elle.
Je repensais au jour où les pensées de Mike m'avaient affolée en voyant Bella tourner de l'½il à cause du test sanguin. Et j'essayais de multiplier ce sentiment d'angoisse par 100. Je me tournais alors vers ses prunelles tendres pour chasser cette impression de malaise. Je levais nos mains entrelacées, et effleurais sa joue.
----- - Et pourtant, dit-elle en détournant son regard, elle l'a accompli.
----- - Oui, chuchotais-je. Quelque chose chez Emmett lui en a donné la force. Ils sont ensemble depuis. Quelquefois, ils vont vivre ailleurs, en couple. Sauf que plus nous prétendons être jeunes, plus il nous est aisé de nous fondre dans un environnement. Forks nous ayant semblé idéal, nous nous sommes tous inscrits au lycée. (Le nombre de lycée que nous ayons fréquenté était tellement impressionnant que j'en ris !). J'imagine que, d'ici quelques années, nous serons bons pour célébrer une nouvelle fois leur mariage.
----- - Alice et Jasper ?
----- - Tous deux sont des créatures extrêmement rares. Ils ont développé leur conscience, comme nous l'appelons, seuls, sans avoir été guidés par quiconque. Jasper appartenait à une autre... famille, très différente. (Ce n'était pas vraiment une famille, mais un clan. Mais je n'avais pas envie de rentrer dans ce genre de détail ce soir avec elle. Et je ne pensais pas qu'elle était prête à entendre ce genre de récit.) Dépressif, il en est parti. C'est Alice qui l'a trouvé. Comme moi, elle possède certains dons qui dépassent ceux dont notre espèce est normalement dotée.
----- - Ah bon ? Je croyais que tu étais le seul à pouvoir lire dans les pensées des gens ?
----- - Alice a d'autres talents. Elle voit. Ce qui risque d'arriver, ce qui va arriver. Mais c'est très subjectif. Le futur n'est pas gravé dans le marbre. Les évènements sont susceptibles d'évoluer au dernier moment.
Ma mâchoire se crispa et mes yeux se posèrent sur elle instinctivement. Elle en était la preuve vivante. Les visions d'Alice l'avaient vu morte. Soit tuée par moi, ou transformée en vampire. Et Dieu merci, il ne lui était rien arrivé de tous ça, et je veillerais à ce que les choses ne changent pas !
----- - Quel genre de choses voit-elle ?
----- - Jasper, par exemple. Elle a su qu'il la cherchait avant même qu'il ne s'en doute lui-même. Elle a aussi vu Carlisle et notre famille. Alors, ils nous ont rejoints tous les deux. Elle est particulièrement sensible aux non-humains. Ainsi, elle sait toujours quand d'autres individus de notre espèce approchent. Et s'ils représentent une menace.
----- - Et... vous êtes nombreux ? Balbutia-t-elle, ébahie pour de bon cette fois.
----- - Non, pas tant que ça. La majorité ne parvient pas à se stabiliser. Seul ceux qui, comme nous, ont renoncé à chasser les humains sont capables de vivre avec eux pendant un certain temps. Nous ne connaissons qu'un seul autre groupe comme le nôtre, dans un petit village de l'Alaska. Nous avons vécu ensemble pendant quelques temps, mais nous étions si nombreux que nous avons fini par éveiller les soupçons.
----- - Et ceux qui... sont différents de vous ?
----- - Des nomades pour la plupart. Nous avons tous connu ça, à un moment ou à un autre de notre existence. Comme tout, c'est une vie dont on finit par se lasser. Il arrive que nous en croisions, parce que, en général, les nôtres préfèrent le Nord.
----- - Pourquoi ?
Sa question provoqua un rire intérieur. N'avait-elle rien remarqué de choquant chez moi ? Comment arrivait-elle à être aveugle à ce point me concernant ? Je pris une seconde avant de répondre, pour calmer mon rire et ne pas la vexer. Après tout, nous étions entrain de nous faire des confidences... enfin plutôt moi. Nous étions dans l'obscurité de sa voiture, garée devant chez elle, sans aucunes lumières pour rompre notre intimité... et je ne voulais perdre aucune seconde de cet instant partagé avec elle, avant que Charlie ne rentre.
----- - Tu n'as donc rien remarqué, cet après-midi ? Tu crois que je pourrais arpenter des rues ensoleillées sans provoquer d'accidents ? Si nous avons choisi de nous établir dans la péninsule d'Olympic, un des endroits les plus humides du monde, il y a une bonne raison. Il est tellement agréable de sortir en plein jour. Tu n'imagines pas à quel point on se lasse de la nuit, à cent ans et quelques.
Toutefois, mes nuits devenaient de plus en plus agréable ces derniers temps... la regarder dormir était devenu mon passe temps favoris.
Même baigné dans l'obscurité d'une nuit sans lune, je pouvais distinguer chaque détail de son doux visage. Eblouis par sa beauté, mon cerveau se mis à divagué tout seul, prétextant que même la lune n'avait pas osé se montrer face à tant d'éclat.
----- - C'est de là que son nées les légendes ?
----- - Sans doute.
----- - Et Alice, elle vient d'une autre famille, comme Jasper ?
----- - Non. Ce qui représente un vrai mystère, d'ailleurs. Elle n'a aucun souvenir de sa vie d'avant. Elle ne sait pas non plus qui l'a créée. Elle s'est réveillée seule. Celui qui l'avait façonnée avait disparu, et aucun d'entre nous ne comprend ni pourquoi ni comment. Si elle n'avait eu son don, si elle n'avait pas vu Jasper et Carlisle, elle serait probablement devenue une vraie sauvageonne.
Cette journée avait été très riche autant pour elle que pour moi... je n'oubliais pas cependant qu'elle était humaine, et qu'elle venait d'assimiler énormément d'information, et de mon point de vue, elle en savait suffisamment pour le moment. Je décidais alors de ne pas relancer le sujet. Et comme pour me conforté dans mon choix, son estomac se mit à grogner.
Comment avais-je fais pour oublier une chose aussi essentielle pour elle ? Elle était humaine et par conséquent elle avait besoin de trois repas quotidien, contrairement à moi !
----- - Je t'empêche d'aller dîner, m'excusai-je.
----- - Ne t'inquiète pas pour moi.
----- - C'est la première fois que je passe autant de temps en compagnie de quelqu'un qui a besoin de se nourrir. J'avais oublié.
----- - Je n'ai pas envie que tu partes. S'empressa-t-elle de dire. Et à vrai dire, je n'en avais aucune envie.
----- - Tu m'inviterais à entrer ?
Nous pourrions alors rester ensemble plus longtemps, tout en répondant à l'appel de son estomac. Je m'en voulais déjà de ne pas lui avoir permit de se nourrir plus tôt, ainsi c'était un moyen de me rattraper.
----- - Ça te plairait ?
----- - Oui, si ça ne te pose pas de problème.
Cette fois je pris les devants en douceur. Pour me rattraper d'avoir été la cause de son malaise au retour de la clairière, j'allais me comporter en parfait gentleman humain. Je sortis de la voiture, et à une vitesse vampirique, pour ne pas lui laisser le temps de me doubler, je lui ouvris la portière.
----- - Voilà qui est très humain, me complimenta-t-elle.
----- - C'est en train de revenir, aucun doute.
Je l'accompagnais jusqu'au perron, elle ne pus s'empêcher de vérifier si j'étais toujours à ces côtés. Que craignait-elle ? Que je me sauve en la laissant seule devant sa porte ? Jamais je ne ferais une chose pareille ! Son c½ur s'emballait à chaque fois qu'elle posait les yeux sur moi... je ne m'en lasserais jamais. La noirceur de la nuit, n'avait aucun effet sur sa beauté, elle continuait de m'éblouir. Pour continuer sur mon côté gentleman, j'atteignis la porte avant elle, et la déverrouillait si vite, qu'elle ne vit rien. Elle parut alors choquée en me voyant lui ouvrir la porte.
----- - Le verrou n'était pas tiré ?
----- - Si. J'ai utilisé la clé cachée sous l'avant-toit.
Elle entra, alluma la lampe du porche et se retourna vers moi. Une lueur dans ses yeux me fit comprendre qu'elle me soupçonnait de lui cacher quelque chose...








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